11 mars 2021

un jour latent

Ça existe des jours latents, même si ça peut paraître incongru. J’en ai vécu un pas plus tard qu’au début de cette semaine. Je sais que c’est inhabituel de parler d’un jour latent mais c’est exactement ce que j’ai ressenti dans ce jour de peu, dans ce jour de rien. C’est ce que j’ai ressenti quand j’ai vu que le jour se levait terne, resterait gris et se coucherait sans éclat. Non pas que moi, je sois capable de me coucher avec éclat mais on peut être exigeant sur le temps qui passe et les journées qui se traînent. Il y a vraiment des... [Lire la suite]

04 septembre 2020

tu es si loin de moi

Tu es loin de moi. Si loin de moi. Jamais tu n’avais été aussi loin de moi. Depuis que je te connais, tu as toujours été géographiquement proche de moi. À une exception près. Parce que cette fois-là, tu n’étais pas là que pour quelques jours. Là, tu es loin de moi pour une éternité. Et moi, je n’aime pas les éternités. Je trouve ça si long, tellement long. Interminablement long. Et moi qui ne connais pas l’ennui, pendant les éternités, je sais que j’ai une fâcheuse tendance à commencer à m’ennuyer. Je ne m’ennuie pas parce que je ne... [Lire la suite]
03 août 2019

au cimetière des oubliés

Hier, je parlais de ma future crémation (pas encore bien définie au niveau de la date) et je sais donc que je ne serai jamais dans un cimetière. En tout cas, pas dans le cimetière des oubliés. Pas non plus dans le cimetière des pas perdus (pour tout le monde) ni dans celui des innocents (j’ai toujours les mains pleines car toujours occupées) et encore moins dans celui des mots doux. Pourtant, j’aurais pu jouir d’être enterré dans un endroit plein de mots même s’ils peuvent ne pas être tous doux. Le cimetière des oubliés, quelque... [Lire la suite]
24 janvier 2019

Nomique ou Entérite ?

Moi, à choisir, évidemment que je prends la Nomique. D’abord, parce que c’est l’anagramme de Monique et que Monique, c’est ma mère. Ensuite parce que Entérite, ce n’est l’anagramme de rien. Si, pardon, au temps pour moi, Entérite, c’est l’anagramme total de plein de mots : éternité (je m’en fous, même sur un plateau avec 1 million d’euros, je ne signerais pas pour y avoir droit) ; reinette (pomme reinette et pomme d’api, tapis, tapis rouge – j’ai largement passé l’âge) et reteinte (sachez que la couleur de mes cheveux blancs... [Lire la suite]
07 décembre 2018

la couronne de fleurs blanches avec des piments rouges

Elle m’a demandé ce qu’étaient devenues les fleurs. Lesquelles ? Lui ai-je aussitôt répliqué. Celles de mon enterrement, pardi ! Oh, mais ça fait vachement longtemps que tu n’as pas dit « pardi ! » mais non, je ne sais pas te répondre, je ne sais pas ce que sont devenues les fleurs. Je ne me souviens même pas en avoir vu, ici. En tout cas, pas depuis un bon moment. Je n’ai pas rêvé, pourtant, m’a-t-elle alors dit, sur un ton limite exaspéré. Ne t’en fais pas, des fleurs, ça se retrouve facilement. On va aller... [Lire la suite]
10 août 2018

deux sortes d'attentes

Je suis capable d’attendre des lustres voire des éternités si j’ai moi-même choisi d’attendre. Mais si on m’impose ça, je déteste et ça me mine. Et je voudrais juste parler de deux cas contradictoires que j’ai vécus ou que je vis encore pour illustrer mon propos liminaire. Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était fin décembre 1981, je n’avais pas encore de travail, ça n’allait pas tarde (tout est relatif : six mois après) et comme je venais de faire connaissance d’Arnold, en août, il m’avait invité à venir passer la St... [Lire la suite]

31 juillet 2018

qu'un seul être vous mente et tout est triste comme...

Je ne suis pas comme Barbara, je ne sais pas s’il y aura du monde à mon enterrement. D’abord parce qu’il n’est pas prévu que je me fasse enterrer. Loin de moi de prétendre à quelque ridicule et vaine éternité, même pour tout l’or du monde, pas plus que pour tous les chevaux de tous les manèges, je ne voudrais rempiler. Je sais que je n’ai même pas cette curiosité de vouloir me projeter dans un futur quelconque pour voir comment les choses se passent. Et qu’y retrouverais-je ? Bah, personne qui ne m’est assez cher mais surtout,... [Lire la suite]
11 juillet 2018

au four (à micro-ondes) et au moulin (à poivre)

Je ne peux pas être partout, Chouchou. Je te rappelle que si tu es à mon service, ce n’est pas que pour mon bon plaisir, ni pou ton bon plaisir, je n’arriverai pas à fournir, cet après-midi et avec cette chaleur, je préfèrerais que ce soit toi qui transpires au lieu de moi. Parce que comme hier, j’ai eu froid, au boulot, je voudrais éviter les amplitudes thermiques néfastes pour mon organisme, on ne sait jamais. Nous entrons dans une des hautes saisons, à mon travail, alors, je ne peux pas me permettre de tomber malade. Ni de tomber... [Lire la suite]
08 décembre 2017

en train de quoi ?

Au moment où ce billet aura été publié depuis environ trois heures trente, je serai confortablement assis dans un TGV pour me rendre à Paris, juste un aller et retour, ça s’en va et ça revient, à toute berzingue, pas même le temps de prendre le temps. Juste comme ça. Histoire de m’offrir le luxe d’avoir deux fois deux heures de tranquillité (si tout se passe bien) dans un wagon 1ère classe avec deux livres et une recharge de paupières qui pourront se baisser pour que je ferme les yeux pour un instant, une heure, une petite éternité.... [Lire la suite]
21 mars 2017

Direkt Bade-Wurtemberg

Une carte postale de Friburg im Breisgau où je vais passer la nuit, dans un bel hôtel et voir des amis locaux que je n’ai pas vus depuis plus de vingt ans. Peter et Lisa… en 1995, lors d’un périple qui ressemblait à celui-là, avant d’aller voir Arnold à Wiesbaden. On refait toujours un peu les mêmes choses, on reprend toujours un peu les mêmes chemins sauf que là, on a vieilli et le temps aura fait son affaire. Peu importe, nous sommes dans la région (frontalière de la France) du Bade-Wurtemberg et les habitants d’ici, dans notre... [Lire la suite]