23 septembre 2015

chanson d'automne

Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon coeur D’une langueur Monotone.   Tout suffocant Et blême, quand Sonne l’heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure   Et je m’en vais Au vent mauvais Qui m’emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte.   Paul Verlaine (Poèmes saturniens)
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17 septembre 2015

voyelles (hommage à Arthur)

A noir comme un magicien sur scène qui fait des tours sidérants que le public aime sans comprendre avec un mot qui comprend le plus de A : abracadabrantisera. E blanc comme l’écume des vagues les jours de tempête à Merlevenez en Bretagne là où le nom des habitants est celui de la langue française qui comprend le plus de E : merlevenezienne. I rouge comme les anarchistes qui n’aiment pas la discipline, et qu’on peut caractériser avec un mot rare mais qui comprend le plus de I : indisciplinabilité. O bleu (on échappe... [Lire la suite]
05 juillet 2015

sieste

Au soleil de midi, (chaque jour est un tour de rôles : pendant que la lune se repose en rêvant, à l’aube qui a chanté pour le petit coq) Je sommeille sous la tonnelle de glycines En pensant amoureusement à vous, mes amis...   Les rayons du soleil flirtent avec la vigne Une légère brise esquisse des caresses sur moi Je sais qu’au crépuscule je vous retrouverai Dont toi, si jeune, silhouette négligemment Allongée sur une branche d’olivier...   Tu sais que j’irai prendre ta main encore chaude Du soleil alors... [Lire la suite]
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01 mai 2015

le muguet

Le muguet Cloches naïves du muguet, Carillonnez ! Car voici Mai ! Sous une averse de lumière, Les arbres chantent au verger, Et les graines du potager Sortent en riant de la terre. Carillonnez ! Car voici Mai ! Cloches naïves du muguet ! Les yeux brillants, l'âme légère, Les fillettes s'en vont au bois Rejoindre les fées qui, déjà, Dansent en rond sur la bruyère. Carillonnez ! Car voici Mai ! Cloches naïves du muguet ! Maurice CARÊME (1899-1978)
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12 mars 2015

vivre, c'est tout

Quelquefois, je suis vide, je suis sans vie, sans identité. Tout d'abord, ça me fait peur, puis, je m'y fais. Et alors, ça s'appelle l'habitude, une habitude dont je me repais car elle m'est si familière qu'elle me donne quelque chose à quoi me raccrocher : un semblant de vie supplémentaire. C'est tout. Mais ce petit bonheur n'est jamais de longue durée car très vite, la bête revient. Je meurs de nouveau. Je m'assèche, je m'exsangue et j'évacue tout frémissement de mon corps et de mon esprit. ... Je suis vide et je n'ai plus... [Lire la suite]
07 mars 2015

clin d’œil

CLIN D’ŒIL (à Stéphane Mallarmé)   À travers la transparence des mots, le vocabulaire D’apparition en apparition soupire en brise marine Je reçois le don du poème, les mots surnuméraires Des vers en placet futile sonnent sonnent la mâtine   Dans une tristesse d’été mon pauvre esprit fait aumône Qui me sait las de l’amer repos où ma paresse offense Quelconque est cette solitude d’une après-midi de faune Je me languis, pitre châtié, guignon ; la désespérance   Cette marchande d’herbes aromatiques aux... [Lire la suite]

18 février 2015

le troisième oeil

Notre premier échange de regards, coups d'œil d'abord en biais avant d'être droitement l'un dans l'autre : chacun se jauge, s'observe, tente de tout savoir en un clin. On pose un peu, on fait le beau. Nous sommes là, tranquilles alors que le temps s'écoule en nous promettant monts et merveilles l'un pour l'autre. Nous ne sommes que tous les deux. Le monde n'existe plus autour de nous. Les autres sont flous pendant que nous nous apprécions comme à travers d'une lucarne connue de nous seuls. Je pose un peu, je fais... [Lire la suite]
14 février 2015

Ode à Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose  Qui ce matin avait déclose  Sa robe de pourpre au soleil,  A point perdu cette vesprée  Les plis de sa robe pourprée,  Et son teint au vôtre pareil. Las ! Voyez comme en peu d'espace,  Mignonne, elle a dessus la place,  Las, las ses beautés laissé choir !  Ô vraiment marâtre Nature,  Puisqu'une telle fleur ne dure  Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne,  Tandis que votre âge fleuronne  En sa plus verte... [Lire la suite]
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21 octobre 2014

AIDS

Le séducteur quitte à l’appel du soir Un corps qui s’abandonne, une sorte de vie, Un goût de miel, une seconde victoire Sur le temps, sur la mort : jour enseveli.   En jouant le jeu de la fin d’une liaison De deux solitudes : amour, conclusion, rien ; Une poignée de cendres fait capitulation, Décrocher la lune fut au-dessus de tes moyens.   Il ne te reste que la musique du temps À travers bois, entre le zéro et l’infini ; Le fond du problème, c’est vivre au présent (sombre comme la tombe où... [Lire la suite]
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06 août 2014

Varsovie, un café

Varsovie   Une place. Un café. Une table au fond de la salle. Sur la chaise : un pull, une veste, une chemise, un pantalon. Par terre : une paire de chaussures, des chaussettes et un slip. Sur la table : un paquet de cigarettes, un peu de monnaie, un briquet. Une tasse vide sur une soucoupe. Une petite cuiller qui attend.   Le café est fermé. 
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