10 novembre 2019

journal de quand tu n’es pas là (1)

Mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là), mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là)… Tu n’es pas là et il y a du soleil. Tu n’es pas là et il fait beau. J’espère que je n’aurai jamais à choisir entre toi, ta présence, les intempéries, les temps de cochon, les déluges et entre pas toi, ton absence, le ciel bleu et du soleil, du soleil, du soleil… Parce que si je dois attendre que tu partes pour pouvoir profiter d’un peu de chaleur, ça me semble incompatible avec le sens même de la vie. Et de mes envies. Sans oublier les... [Lire la suite]

08 novembre 2019

j’ai cherché partout

Depuis hier, j’ai cherché partout, dans tous les coins, pour tenter de savoir où tu pouvais te nicher. Où tu pouvais te cacher. Où tu pouvais te planquer. J’ai parcouru toute la ville sous des pluies incessantes et j’ai pris l’eau de haut en bas et de bas en haut sans oublier la sueur qui, contre l’eau des déluges faisait un choc thermique et me rendait encore plus fou, encore plus désespéré, encore plus impatient de te retrouver, enfin. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse être aussi difficile de rattraper. Je te croyais là... [Lire la suite]
30 octobre 2019

quand nous nous voyons en cachette…

Quand nous nous voyons en cachette, je viens toujours me recueillir à l’autel de ton corps avant d’y déposer mes offrandes les plus… Mes offrandes les plus… Mes offrandes. J’aime ces rendez-vous à l’autel avec toi. Ce sont des instants privilégiés qui me sont devenus chers et quasiment indispensables même s’ils sont rares voire rarissimes. Mais c’est aussi bien comme ça. Sinon, ça serait vite une routine et je pense que nous sommes au-dessus de cela. Quand nous nous voyons en cachette, je viens toujours avec des intentions... [Lire la suite]
20 octobre 2019

sensation

Dans les toilettes du centre commercial de Bordeaux Lac, samedi matin : je suis parti faire quelques courses et une envie de faire pipi se fait de plus en plus pressante. J’ai la sensation que ma vessie ne tiendra pas le temps qui me reste à arpenter les rayons de l’hypermarché et à passer en caisse. Alors, je laisse mon caddie dans une allée et je vais là où je me dois (où je me doigt ?) d’aller : me vider. Discrètement. Mais les urinoirs sont hors d’usage. Il me faut donc me rabattre dans une cabine. Et là, une fois... [Lire la suite]
03 septembre 2019

non consonnes

(la version sans rien qui dépasse) non consonnes a noir, e crème, i carmin, u raisin, o azur : non consonnes moi, murmurerai  en ces aurores vos naissances sournoises : a, noir caraco suave aux osmies cornues soieuses mais ronronnent voisines aux mauvais arômes amers,   anses noircies ; e, innocence aux âmes mais aussi aux casernes, cannes aux moraines crâneuses, rois ivoirins, remous aux cimes ; i, incarnés, races évacuées, rire aux commissures sereines en un courroux ou en ces ivresses... [Lire la suite]
13 août 2019

air à cassandre

(version sans lettre qui dépasse) armonieuse, va voir si rose arrivée en aurore a conservé ses mises carmines même ce soir ses mises carmines sous une nova nacrée, irisée aux manies sinueuses à son écorce souveraine n’aura crevé au maximum en sa soirée ses nuances à vous-même non inverses   crevé ! vois comme en une once à venir armonieuse, rose a, en ces environs, ses communions remisées aux ramassis ô, au vrai, mauvaise mère essence même car, comme une si neuve rose ne se conserve avec une aurore mais rien... [Lire la suite]

01 juillet 2019

solitude

Je marche sans arrêt Dans cette énorme ville Où gronde le murmure Immense de la mer, Où l’on perçoit à peine Le signe d’une étoile, Le galop d’un cheval Dans la rue, le matin, L’agile des oiseaux Sur les arbres de neige, Le cri vert des bateaux Dans les vagues de marbre. Je marche sans arrêt Perclus de solitude, Dans ces déserts mortels Tout luisants de regards. J’entends autour de moi Des plaintes étouffées, Des soupirs de bonheur Fragiles roses mortes. Heureusement ma lampe, Phare de mes automnes Brille là-bas au loin Dans le fond... [Lire la suite]
30 juin 2019

jour de lessive

Je suis parti ce matin même, Encor soûl de la nuit mais pris Comme d’écœurement suprême, Crachant mes adieux à Paris… Et me voilà, ma bonne femme, Oui, foutu comme quatre sous… Mon linge est sale aussi mon âme… Me voilà chez nous ! Ma pauvre mère est en lessive… Maman, Maman, Maman, ton mauvais gâs arrive Au bon moment !… Voici ce linge où goutta maintes Et maintes fois un vin amer, Où des garces aux lèvres peintes Ont torché leurs bouches d’enfer… Et voici mon âme, plus grise Des mêmes souillures – hélas ! Que le... [Lire la suite]
03 février 2019

deux verbes en creux

J’écoute je me tais Je me tais pour écouter, (pour mieux écouter), Je me tais parce que j’écoute Si je ne me tais pas je n’écoute plus   (Taisez-vous ! Taisez-vous et écoutez ! Écoutez-le se taire Il se tait il se taira ! vous l’écouterez !)   Si j’étais celui qui écoute seulement pour écouter si j’étais celui qui se tait simplement pour se taire vous ne cesseriez d’écouter vous auriez peur que je me taise   Mais je ne me tais pas non je ne me tais pas encore. Je ne pourrai jamais... [Lire la suite]
Posté par sibal33 à 11:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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27 octobre 2018

fort en t'aime ?

Alors, je t’aime. Il paraît qu’il ne faut pas hésiter à le dire. À lui dire. Quand on aime quelqu’un, il faut lui dire qu’on l’aime. Sinon, ça peut passer à côté. On croit que, on se dit que, on pense que. Et dans ces cas-là, on croit mal, on se dit mal et on pense mal. Toujours un peu à côté de la plaque. Voire à côté de la claque, quand on est un peu trop buté dans ses certitudes. Alors que justement, aimer, c’est douter. Aimer, c’est hésiter chaque instant de chaque jour. C’est n’être jamais sûr de rien. Rien n’est jamais acquis à... [Lire la suite]