13 août 2019

air à cassandre

(version sans lettre qui dépasse) armonieuse, va voir si rose arrivée en aurore a conservé ses mises carmines même ce soir ses mises carmines sous une nova nacrée, irisée aux manies sinueuses à son écorce souveraine n’aura crevé au maximum en sa soirée ses nuances à vous-même non inverses   crevé ! vois comme en une once à venir armonieuse, rose a, en ces environs, ses communions remisées aux ramassis ô, au vrai, mauvaise mère essence même car, comme une si neuve rose ne se conserve avec une aurore mais rien... [Lire la suite]

01 juillet 2019

solitude

Je marche sans arrêt Dans cette énorme ville Où gronde le murmure Immense de la mer, Où l’on perçoit à peine Le signe d’une étoile, Le galop d’un cheval Dans la rue, le matin, L’agile des oiseaux Sur les arbres de neige, Le cri vert des bateaux Dans les vagues de marbre. Je marche sans arrêt Perclus de solitude, Dans ces déserts mortels Tout luisants de regards. J’entends autour de moi Des plaintes étouffées, Des soupirs de bonheur Fragiles roses mortes. Heureusement ma lampe, Phare de mes automnes Brille là-bas au loin Dans le fond... [Lire la suite]
30 juin 2019

jour de lessive

Je suis parti ce matin même, Encor soûl de la nuit mais pris Comme d’écœurement suprême, Crachant mes adieux à Paris… Et me voilà, ma bonne femme, Oui, foutu comme quatre sous… Mon linge est sale aussi mon âme… Me voilà chez nous ! Ma pauvre mère est en lessive… Maman, Maman, Maman, ton mauvais gâs arrive Au bon moment !… Voici ce linge où goutta maintes Et maintes fois un vin amer, Où des garces aux lèvres peintes Ont torché leurs bouches d’enfer… Et voici mon âme, plus grise Des mêmes souillures – hélas ! Que le... [Lire la suite]
03 février 2019

deux verbes en creux

J’écoute je me tais Je me tais pour écouter, (pour mieux écouter), Je me tais parce que j’écoute Si je ne me tais pas je n’écoute plus   (Taisez-vous ! Taisez-vous et écoutez ! Écoutez-le se taire Il se tait il se taira ! vous l’écouterez !)   Si j’étais celui qui écoute seulement pour écouter si j’étais celui qui se tait simplement pour se taire vous ne cesseriez d’écouter vous auriez peur que je me taise   Mais je ne me tais pas non je ne me tais pas encore. Je ne pourrai jamais... [Lire la suite]
Posté par sibal33 à 11:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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27 octobre 2018

fort en t'aime ?

Alors, je t’aime. Il paraît qu’il ne faut pas hésiter à le dire. À lui dire. Quand on aime quelqu’un, il faut lui dire qu’on l’aime. Sinon, ça peut passer à côté. On croit que, on se dit que, on pense que. Et dans ces cas-là, on croit mal, on se dit mal et on pense mal. Toujours un peu à côté de la plaque. Voire à côté de la claque, quand on est un peu trop buté dans ses certitudes. Alors que justement, aimer, c’est douter. Aimer, c’est hésiter chaque instant de chaque jour. C’est n’être jamais sûr de rien. Rien n’est jamais acquis à... [Lire la suite]
07 juillet 2018

ces temps-ci, ces temps derniers

Tu vois, quand tu veux, Chouchou ? Ce matin, cette nuit, c’était presque parfait. Ça ne sera jamais parfait, ça ne peut pas et ne pourra jamais l’être, malgré toute la bonne volonté dont tu pourrais faire preuve mais c’était déjà nettement mieux que ces jours derniers… Ces jours derniers, ces temps derniers… C’est amusant, ça me rappelle quelque chose… Une chanson ? Je n’ai pas vu le temps passer, ces temps-ci, ces temps derniers… Un truc comme ça… Avec une belle répétition du mot « temps »… Ah oui, ça me revient…... [Lire la suite]

03 juin 2018

clin d’œil à Stéphane Mallarmé

À travers la transparence des mots, le vocabulaire D’apparition en apparition soupire en brise marine Je reçois le don du poème, les mots surnuméraires Des vers en placet futile sonnent sonnent la mâtine   Dans une tristesse d’été mon pauvre esprit fait aumône Qui me sait las de l’amer repos où ma paresse offense Quelconque est cette solitude d’une après-midi de faune Je me languis, pitre châtié, guignon ; la désespérance   Cette marchande d’herbes aromatiques aux senteurs De fleurs fanées que seul l’éventail... [Lire la suite]
09 mai 2018

le secret

Sur le chemin près du bois J’ai trouvé tout un trésor Une coquille de noix Une sauterelle en or Un arc-en-ciel qu’était mort. A personne je n’ai rien dit Dans ma main je les ai pris Et je l’ai tenue fermée Fermée jusqu’à l’étrangler Du lundi au samedi. Le dimanche l’ai rouverte Mais il n’y avait plus rien Et j’ai raconté au chien Couché dans sa niche verte Comme j’avais du chagrin. Il m’a dit sans aboyer : “Cette nuit, tu vas rêver.” La nuit, il faisait si noir Que j’ai cru à une histoire Et que tout était perdu. Mais d’un seul... [Lire la suite]
14 janvier 2018

janvier

La tempête a cessé. L'éther vif et limpide A jeté sur le fleuve un tapis d'argent clair, Où l'ardent patineur au jarret intrépide Glisse, un reflet de flamme à son soulier de fer. La promeneuse, loin de son boudoir tépide,  Bravant sous les peaux d'ours les morsures de l'air, Au son des grelots d'or de son cheval rapide, À nos yeux éblouis passe comme un éclair. Et puis, pendant les nuits froidement idéales, Quand, au ciel, des milliers d'aurores boréales Battent de l'aile ainsi que d'étranges oiseaux, Dans les salons ambrés,... [Lire la suite]
25 décembre 2017

très cher petit papa Noël

Très cher petit papa Noël J’aimerais si tu le veux bien Que tu laisses au pied du sapin Un bon silence vraiment complet Le vide en mon petit soulier Je voudrais assez un grand rien Enveloppé dans un nuage Valérie Rouzeau (Vrouz) Et moi, très cher petit papa Noël, je te remercie de ne pas être passé chez moi. Je t’aime bien quand je te vois dans des films au cinéma ou quand tu fais partie d’un poème de Valérie Rouzeau mais à part ça, je ne peux pas plus croire en toi qu’en Dieu. Si tu existais, ça se saurait tellement. Tu... [Lire la suite]