27 octobre 2018

fort en t'aime ?

Alors, je t’aime. Il paraît qu’il ne faut pas hésiter à le dire. À lui dire. Quand on aime quelqu’un, il faut lui dire qu’on l’aime. Sinon, ça peut passer à côté. On croit que, on se dit que, on pense que. Et dans ces cas-là, on croit mal, on se dit mal et on pense mal. Toujours un peu à côté de la plaque. Voire à côté de la claque, quand on est un peu trop buté dans ses certitudes. Alors que justement, aimer, c’est douter. Aimer, c’est hésiter chaque instant de chaque jour. C’est n’être jamais sûr de rien. Rien n’est jamais acquis à... [Lire la suite]

07 juillet 2018

ces temps-ci, ces temps derniers

Tu vois, quand tu veux, Chouchou ? Ce matin, cette nuit, c’était presque parfait. Ça ne sera jamais parfait, ça ne peut pas et ne pourra jamais l’être, malgré toute la bonne volonté dont tu pourrais faire preuve mais c’était déjà nettement mieux que ces jours derniers… Ces jours derniers, ces temps derniers… C’est amusant, ça me rappelle quelque chose… Une chanson ? Je n’ai pas vu le temps passer, ces temps-ci, ces temps derniers… Un truc comme ça… Avec une belle répétition du mot « temps »… Ah oui, ça me revient…... [Lire la suite]
03 juin 2018

clin d’œil à Stéphane Mallarmé

À travers la transparence des mots, le vocabulaire D’apparition en apparition soupire en brise marine Je reçois le don du poème, les mots surnuméraires Des vers en placet futile sonnent sonnent la mâtine   Dans une tristesse d’été mon pauvre esprit fait aumône Qui me sait las de l’amer repos où ma paresse offense Quelconque est cette solitude d’une après-midi de faune Je me languis, pitre châtié, guignon ; la désespérance   Cette marchande d’herbes aromatiques aux senteurs De fleurs fanées que seul l’éventail... [Lire la suite]
09 mai 2018

le secret

Sur le chemin près du bois J’ai trouvé tout un trésor Une coquille de noix Une sauterelle en or Un arc-en-ciel qu’était mort. A personne je n’ai rien dit Dans ma main je les ai pris Et je l’ai tenue fermée Fermée jusqu’à l’étrangler Du lundi au samedi. Le dimanche l’ai rouverte Mais il n’y avait plus rien Et j’ai raconté au chien Couché dans sa niche verte Comme j’avais du chagrin. Il m’a dit sans aboyer : “Cette nuit, tu vas rêver.” La nuit, il faisait si noir Que j’ai cru à une histoire Et que tout était perdu. Mais d’un seul... [Lire la suite]
14 janvier 2018

janvier

La tempête a cessé. L'éther vif et limpide A jeté sur le fleuve un tapis d'argent clair, Où l'ardent patineur au jarret intrépide Glisse, un reflet de flamme à son soulier de fer. La promeneuse, loin de son boudoir tépide,  Bravant sous les peaux d'ours les morsures de l'air, Au son des grelots d'or de son cheval rapide, À nos yeux éblouis passe comme un éclair. Et puis, pendant les nuits froidement idéales, Quand, au ciel, des milliers d'aurores boréales Battent de l'aile ainsi que d'étranges oiseaux, Dans les salons ambrés,... [Lire la suite]
25 décembre 2017

très cher petit papa Noël

Très cher petit papa Noël J’aimerais si tu le veux bien Que tu laisses au pied du sapin Un bon silence vraiment complet Le vide en mon petit soulier Je voudrais assez un grand rien Enveloppé dans un nuage Valérie Rouzeau (Vrouz) Et moi, très cher petit papa Noël, je te remercie de ne pas être passé chez moi. Je t’aime bien quand je te vois dans des films au cinéma ou quand tu fais partie d’un poème de Valérie Rouzeau mais à part ça, je ne peux pas plus croire en toi qu’en Dieu. Si tu existais, ça se saurait tellement. Tu... [Lire la suite]

04 octobre 2017

je dormais

On sonne, on sonne, on sonne encore :  C'est lui !... Dieu ! Qu'il m'a fait souffrir !  Mais il revient, mais je l'adore,  Éveillez-vous, courez ouvrir ! Embellis-toi, sombre retraite  Où si souvent il me trouva.  Il va venir... Mon sang s'arrête,  Il tarde encor... Mon cœur s'en va. Je n'y vois plus. Le ciel se couvre ;  Soulève-toi, nuage épais !  J'étends les bras, mon œil s'entr'ouvre...  Dieu ! C'est un songe, et je dormais. Marceline Desbordes-Valmore (Romances - 1830)
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01 août 2017

la complainte de Rutebeuf

Que sont mes amis devenus Que j'avais de si près tenus Et tant aimés Ils ont été trop clairsemés Je crois le vent les a ôtés L'amour est morte Ce sont amis que vent me porte Et il ventait devant ma porte Les emporta   Avec le temps qu'arbre défeuille Quand il ne reste en branche feuille Qui n'aille à terre Avec pauvreté qui m'atterre Qui de partout me fait la guerre Au temps d'hiver Ne convient pas que vous raconte Comment je me suis mis à honte En quelle manière   Que sont mes amis devenus Que j'avais de si près tenus... [Lire la suite]
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11 avril 2017

en sortant de l'école

En sortant de l’école, je suis passé par les buissons, le petit bois et la clairière et là, j’ai regardé les tapis d’herbes sauvage que les fleurs des champs avaient décoré très méthodiquement : en endroit fait que de pâquerettes, un autre, de petites pervenches qui font penser à des violettes et encore un autre de pissenlits. Je me suis même dit que si je devais en ramasser pour faire des bouquets, il me faudrait une brouette de nain de jardin tellement il y en avait tant et tant et encore Le paon fait la roueLe hasard fait le... [Lire la suite]
10 avril 2017

en allant à l'école

En allant à l’école, je suis passé par le chemin de Traverse et je me suis promené en écoutant les oiseaux chanter et à un moment, j’ai rencontré une marchande d’allumettes et je lui en ai acheté trois : Trois allumettes une à une allumées dans la nuit La première pour voir ton visage tout entier La seconde pour voir tes yeux La dernière pour voir ta bouche Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela En te serrant dans mes bras (Paris at night) La marchande d’allumettes avait un petit étal sur la place du marché,... [Lire la suite]