Décidément, le 10 août fut un jour à marquer d’une bière blanche (oui, c’est fait exprès, c’est plus drôle et opportun qu’une pierre blanche) parce que je me suis trompé dans la numérotation des titres de Zola dans les Rougon-Macquart mais aussi parce que ça a été le jour où l’ascenseur a été remis en marche, dans la résidence. Nous en avons donc été privés pendant 12 jours et demi mais comme toute journée commencée est considérée comme terminée, je vais valider que la panne aura duré 13 jours. Un nombre porte-bonheur. Ah, je ne dois pas dire ça, ça peut porter malheur ! Zut, je vais faire un signe de croix la tête en bas pour conjurer le sort ! … Ça y est mais ce n’est pas malin car maintenant, j’ai un peu le tournis. Je vais peut-être boire un peu de vin blanc pour le faire passer.

Je disais donc que l’ascenseur fonctionne de nouveau depuis cinq jours et je vais vous confier un secret : je ne l’ai pas repris tout de suite, j’ai attendu deux jours avant de délaisser les escaliers, même pour monter au cinquième étage. Il n’y a que quand j’ai été chargé (avec les courses, par exemple ou alors, avec le cadavre de la concierge, enroulé dans un tapis, parce que j’en avais marre de la croiser à chaque fois dans l’escalier – je plaisante, il n’y a pas de concierge, ici, je ne sais pas qui c’est, ce macchabée) parce que je dois dire que finalement, en continuant de monter et descendre les marches, à pied, c’est très bon pour mes mollets et pour mon cœur. Si tant est que j’en ai un, de cœur car ça, ça reste à prouver. Et on dit aussi que c’est très bon pour les fesses. Il faudra me dire. 

Mais c’est aussi parce que j’ai l’esprit de contradiction que je continue de monter ou descendre à pied au lieu de prendre l’ascenseur alors qu’il est comme neuf. On pourrait penser que je boude mais que nenni. J’ai juste envie de faire comme je veux. La différence avec les treize jours de panne, c’est que pendant ce temps-là, même si j’étais épuisé, je n’avais pas le choix, je ne pouvais prendre que les escaliers. Là, le choix, je l’ai et donc, je fais comme je le sens au moment où je dois sortir ou rentrer. C’est selon. Et aussi en fonction de mon état de fatigue et de la chaleur qu’il peut faire. Et si j’ai fait ma séance de natation avant.  Et si j’ai envie de me faire plaindre. J’aime bien passer pour une victime, aussi. Et puis, là, quand je prends l’escalier, je sais que l’ascenseur est là mais je veux l’ignorer.