Je suis un peu comme un chien fou. Comme tu me manques, j’ai tendance à renifler l’air, dès que je sors de chez moi. Oui, je renifle l’air pour essayer de sentir si tu pouvais être dans les parages. Parce que je ne sais pas si tu es toujours au bord de l’océan. Lacanau. Le Porge. Royan. Rayer les mentions inutiles. Oh, je sais très bien où tu es puisque tu me l’as dit mais peu m’importe, ce que je ne sais pas, c’est quand tu rentres chez toi et quand je pourrai te revoir. Quand je pourrai venir t’envahir un moment.

Quand je regarde un film ou une série et que je vois des gens qui s’aiment, j’ai tendance à penser encore plus à toi. Et je me dis que ça pourrait être toi et moi. Comme dans les plus grandes histoires d’amour. Parce que je te rappelle que je t’aime. Beaucoup. Passionnément. À la folie. Rayer les mentions inutiles.    Et si en plus, toi, de ton côté, toi aussi… Non, mais toi, tu n’as pas besoin de me le dire. Parce qu’il y a des choses qu’on sent même si on peut se tromper. Et puis, du moment que moi, je t’aime.

Je vais toujours me coucher avec un livre car j’ai besoin de parcourir quelques pages (voire beaucoup) avant de m’endormir. Quand je travaillais encore, je regardais bêtement la télévision pour me faire sombrer dans le sommeil. Mais là, je préfère lire. Et certains personnages sont comme des amis. Leo Leike. Octave Mouret. Arturo Bandini. Rayer les mentions inutiles. J’aime l’idée qu’on puisse avoir des héros de roman en commun.  Ça n’arrive pas si souvent et je pourrais faire en sorte que si, si tu veux bien.

Quand je suis au bord de m’endormir, après avoir posé mon livre, le soir et que je viens d’éteindre la lumière, j’aime penser à toi. J’aime cette idée de penser à toi, pas que l’acte. J’aime me souvenir de certains moments. Le banc, au parc Bordelais. Le plot sur les quais de Garonne. Une salle de cinéma. Rayer la mention inutile. Et d’autres endroits dont je ne vais pas forcément parler même si j’aurais pu. Parler de certaines promenades. Et me dire qu’on ne s’est jamais assis en terrasse nulle part, tous les deux, toi et moi.

Si je devais croire en quelque chose de supérieur, en quelque chose ou en quelqu’un, ça pourrait être en l’amour mais pas avec n’importe qui. L’amour qui remplit de bonheur et l’amour qui s’échange,  travers des regards appuyés, en toute franchise. Me vouer à Saint-Joseph si je ne devais choisir qu’un seul saint. Partir à l’autre bout du monde avec toi, si c’était possible. Ou faire comme je sais faire : t’attendre et espérer. Cette fois, je te remercie de ne pas rayer de mention inutile. Et te dire encore. En corps et encore.