Moi, mon rêve, c’est de rester chez moi. Quand j’étais plus jeune, je rêvais de mondes lointains (ou pas trop) et je rêvais de découvrir des pays, des gens, des ambiances. Et j’ai eu la chance de bouger un peu, de changer de continent et j’ai aimé ça. Certains proches m’ont permis de faire ma valise pour partir et même si je n’ai jamais été un baroudeur (j’ai toujours aimé mon petit confort et ça s’aggrave même avec l’âge), j’ai aimé changer de ville, changer d’hôtel, changer de montagne ou de campagne. J’ai aimé grimper en haut de tous les campaniles, les beffrois et les clochers que j’ai rencontrés. Je me suis amusé à marcher de rocher en rocher quand j’étais au bord de certains océans ou de certaines mers voire de certains lacs. J’ai aimé marcher dans des rues inconnues et au milieu des gens.

J’ai aimé prendre des photos pour garder le plus de souvenirs de tout ça. J’ai aimé goûter à des cuisines dont j’ignorais l’existence. J’ai aimé entendre parler des langues incompréhensibles et voir des panneaux ou des enseignes dans des alphabets aussi exotiques que stylisés. J’ai aimé monter sur une mule ou un âne, vadrouiller en quad dans les collines d’une île grecque, rencontrer des cochons sauvages, des chèvres ou des phoques. Bon d’accord, pour ces derniers, c’était de loin. J’ai aimé prendre des cafés glacés ou manger des boules de glace à la vanille arrosées d’eau pétillante pour me rafraîchir. J’ai aimé découvrir des sources de grands fleuves et j’ai aimé passer en voiture sous des arbres géants, les célèbres séquoias. J’ai aimé voir des ruines et des monuments encore intacts.

J’ai pleuré parfois, devant tant de beauté : je me souviens de mon émotion dans les jardins du Generalife, à Grenade. J’ai versé ma larme devant les pyramides de Gizeh quand je les ai revues, vingt ans après la première fois. Et que dire du temple d’Abou Simbel, au soleil levant d’un petit matin sans touristes. J’ai été bouleversé devant des sculptures, devant des tableaux, principalement en Italie et en Espagne. J’ai frissonné devant des paysages magnifiques. J’ai rencontré des autochtones et même si nous ne pouvions pas bien parler ensemble, parfois, nous avons quand même communiqué. Oui, j’ai même travaillé pour me payer des voyages. Sauf que maintenant, je ne sais plus si j’aimerais toujours autant ça. Et je pense que je deviens, que je suis devenu casanier. Très bien chez moi.