Franchement ? Je ne pensais pas en reparler de sitôt mais là, alors que j’en suis à la moitié du tome qui parle des artistes et surtout de peinture, je viens en plus de me taper en replay les six épisodes de la série Germinal, diffusée en 2021 sur France 2. Et pour ne rien cacher à personne, avant de relire Germinal, ça me gonflait un peu mais j’ai malgré tout été attrapé une fois de plus, non pas tant pour le combat social de ces pauvres mineurs mais par les histoires de famille et d’amour qui sont au cœur de ce roman noir. Pas seulement noir à cause du charbon creusé au fond des mines, non, noir comme la misère. Je suis particulièrement touché par la Maheude, la femme de Maheu, un des principaux personnages de ce bouquin, qui perd son mari et deux de ses filles. Si je vous disais que j’ai eu les yeux humides et que ça m’a donné mal au crâne, tout ça…

En même temps, hier, je me suis fait les trois derniers épisodes d’une seule traite. Sans une seule pause même pas pour faire quatre heures (et ne pensez pas que c’était par solidarité avec les grévistes, non, quand même pas) et à la fin, j’étais un peu abruti par toute cette intensité et cette chaleur, chez moi, avec cette canicule. Bien sûr, je ne vais pas me plaindre car même si Germinal est le fruit de l’imagination de Zola, des histoires semblables ont bien dû arriver et arriveront peut-être encore. Il y a certainement des pays où les conditions de travail sont similaires à celles de la fin du 19ème siècle. On connaît mon non-goût pour tout ce qui est syndicat, syndicalisme et syndicalistes mais je reconnais qu’à une époque pas si lointaine que ça, heureusement qu’il y a eu des pionniers pour nous permettre d’avoir de meilleures conditions socio-professionnelles.

Oui, rien qu’à l’idée de relire Germinal, ça me barbait plus qu’autre chose mais je me suis lancé le défi de relire tous les Rougon-Macquart cette année, je les relis et je n’ai pas le droit de me faire porter pâle. Je ne suis pas tout le temps qu’un fumiste, quand je dis que je fais quelque chose, je la fais, cette chose, même si ça me coûte un peu. Pour Germinal, je reconnais que là, j’ai ma dose même si c’est avant tout un grand roman et je crois que je peux affirmer que cette fois, c’est fini, ça doit être la quatrième fois que je le lis, je ne relirai pas. Même sur mon lit de mort. Et je ne veux pas qu’on n’en dise des passages lors de ma future cérémonie de crémation. Non, s’il vous plaît, plus de charbon, ce n’est pas écolo-responsable. Et même si j’en ai assez, je garde une grande sympathie pour certains personnages de ce roman triste et violent. Comme la vie, parfois.