Ne voilà-t-il pas que maintenant, c’est mon nombril qui m’a envoyé une demande pour pouvoir s’exprimer dans les colonnes de ce blog. Et là, moi, je dis stop ! C’est mon blog, je ne vais pas laisser la parole à chaque membre de mon corps ou à chacun de ses organes. Parce que, après mon sexe, après mes fesses, si j’accède à la revendication de mon nombril, pourquoi pas mes oreilles ? Pourquoi pas ma vésicule biliaire ? Pourquoi pas ma pomme d’Adam ? C’est vrai, ça, on leur donne un sexe et des fesses et ils vous prennent un bras. Et vous savez quoi ? Quand mon nombril a proposé qu’on organise une journée porte ouverte afin de mieux se faire connaître car il se sent un peu oublié, méconnu et donc, mal aimé, je me dis que là, pour le coup, ça serait la porte ouverte à tout et à n’importe quoi.

Parce que je vois déjà mes fesses, plutôt obéissantes, en temps normal, jusqu’à maintenant, en tout cas, si elles me demandant une journée porte ouverte et un truc du genre « happy hour », je ne suis pas dans le caca, moi. Enfin, quand je dis que je suis dans le caca, c’est une expression, bien évidemment. Je vous rappelle qu’il ne faut pas prendre tout ce que j’écris au pied de la lettre. Et quand on parle du loup, on en voit la queue ! Mes pieds se disent eux aussi qu’ils ont le droit de s’exprimer car ils en ont un peu plein le dos de passer leur temps à soutenir tout le monde dont moi et que jamais, on ne leur demande leur avis. Sauf pour dire que je m’y prends comme un pied, justement, dès qu’il s’agit de laisser la parole aux autres. De toute façon, un pied, ça ne parle pas. Comme un nombril.

Et comme des fesses. Vous avez déjà essayé de faire parler vos fesses, vous ? Quelqu’un a déjà essayé de faire parler les miennes. Posez leur juste une question, pas forcément de culture générale, mais une question sur le temps qu’il fera demain, par exemple. Elles vont vous regarder, fixement et seront prises au dépourvu. Déjà, parce qu’elles ne savent pas parler et ensuite, parce qu’elles ne savent pas le temps qu’il fera le lendemain. Au mieux, après un temps de réflexion, elles vont vous dire « pout », vous savez, comme le bruit qu’on fait avec la bouche quand on ne sait pas quelque chose. Mais juste « pout », pas « prout », attention, elles savent se tenir, quand il y a du monde, quand même. En tout cas, pour mon nombril, j’ai peu peur de ce qu’il peut réclamer, lui encore. Pour l’instant, je me tâte.