Je viens de réaliser que comme je n’aime ni Noël, ni la fête de la musique, mes détestations n’ont rien de saisonnier. Non, ce sont des choses que j’abhorre parce qu’elles m’ennuient, parce qu’elles perturbent ma tranquillité et me semble totalement indécentes. Je ne vais pas revenir sur Noël que je ne verrai jamais interdit de mon vivant, ce qui restera un des grands regrets de ma vie. Ah si seulement j’avais été élu premier ministre, vous auriez vu que ça aurait fait partie de mes premières mesures. Ah si seulement j’avais été élu dictateur à vie avec une majorité déjà absolue, comment je me serai régalé, je ne vous dis que ça.  Je ne veux citer personne mais suivez mon regard. Suivez mes regards. De toute façon, se faire élire dictateur à vie, c’est impossible à mon âge. Surtout en France.

Ensuite, j’interdirai la fête de la musique à tout artiste ou groupe d’artiste nécessitant un branchement électrique pour faire du bruit. Et même mieux que ça, je couperai le son encore plus fort que n’a pu le faire Philippe Katerine. Et j’appuierai moi-même sur le bouton qui coupe l’électricité pour tout le pays le soir du 21 juin. Sauf pour les hôpitaux et les réfrigérateurs-congélateurs. Chacun devra avoir une prise spéciale pour ces deux appareils. Et il sera impossible d’y brancher un ampli ou un instrument à la place. Et on pourra enfin passer une nuit tranquille. Et j’interdirai la vente d’alcool ce soir-là. Tu veux une fête de la musique ? OK, de la musique de chambre, alors et avec un verre d’eau plate voire pétillante. Au mieux, tu auras le choix des bulles.

Oui, parce qu’il y a des eaux pétillantes qui ont des fines bulles et d’autres, des bulles plus grosses. Même si ce n’est pas la taille qui compte, comme le plaisir n’est pas le même, je veux laisser ce choix-là, le seul, aux gens qui veulent aller déambuler dans les rues pour écouter de la vraie musique. Et avec tout ça, je voudrais dire que quoi qu’il en coûte, les fabricants de double vitrage seront dédommagés car je sais très bien que toutes ces interdictions que j’imposerai seront un gros manque à gagner pour eux. En effet, depuis quarante ans, la fête de la musique d’avant ma dictature a fait exploser les demandes en double vitrage pour les gens comme moi qui ne supportaient pas cette fête du bruit. Bien sûr, j’habite en ville et je dois m’adapter. Peut-être mais pas à n’importe quel prix.