Hier, à 7h50, j’entrais dans une cour d’école et je devais être le premier non-encore autorisé à le faire en ce dimanche matin car en effet, seuls les gens faisant partie des équipes de scrutation et de bonne application des règles de vote pour le premier tour de ces élections législatives étaient censés pouvoir aller et venir à leur gré dans cet établissement d’enseignement primaire. Mais moi, plutôt que d’attendre sur le trottoir (ça fait vite mauvais genre, je trouve), je suis allé m’asseoir sur un banc près du bureau dans lequel je suis inscrit et j’ai attendu 8h, tranquillement, en lisant quelques pages de Pot-Bouille, le Zola que j’ai en cours, le 10ème sur 20. Et quand la cloche a sonné, je me suis levé pour aller faire mon devoir de citoyen. Comme le bon élève, le bon petit soldat que je suis, malgré tout, n’en déplaise aux autres.

Mais, pendant que je lisais, d’autres gens sont venus attendre l’heure d’ouverture du scrutin et je me suis retrouvé en sixième position derrière d’autres encore plus vieux que moi. Mais comme j’avais le bulletin du candidat à qui j’allais donner ma voix dans ma poche, je n’ai pas perdu de temps pour en choisir sur la table, je n’ai pris qu’une enveloppe et je suis allé directement dans l’isoloir et j’en suis ressorti très vite et je me suis retrouvé le premier à voter dans ce bureau n°3. J’aurais pu demander si j’avais gagné quelque chose en terminant le premier devant les autres plus vieux que moi mais je me suis abstenu car je pense que l’humour n’est pas forcément de mise dans un tel endroit, si officiel et si solennel. Non, si officiel, c’est tout car finalement, ce n’est pas si solennel que ça, si on y regarde de plus près, les choses ont bien changé.

Eh oui, tout fout le camp, ma bonne dame et il n’y a plus de saison. Je pense qu’ils ont tout déréglé avec leur bombe nucléaire. Et le vaccin, je ne vous dis pas, je suis sûr que ça a modifié les intentions de vote des gens, pour ceux qui se sont fait vaccinés alors qu’on ne savait même pas si c’était dangereux et à quel niveau. Non vraiment je vous le dis, plus rien n’est comme avant leur satané virus. Mais pour en revenir à nos moutons, j’étais donc le premier à voter dans mon bureau ad hoc, hier matin mais ça m’aura servi à quoi ? Bof, de toute façon, pour cette élection-là, je n’avais pas vraiment le feu sacré. Moi, j’aurais aimé voter Marcel Amont avant qu’il ne meure. Mais il semble que ça n’était pas possible. Mécaniquement, si mais alors mon bulletin aurait été déclaré nul et j’aurais fait tout ça pour rien. Aucun intérêt.