Ce n’est pas parce que j’ai toujours aimé ce prénom (depuis vraiment très longtemps) mais moi, dimanche, je veux voter Édouard. Le problème, c’est que je sais que ce n’est pas possible. Alors, tant pis, je voterai pour quelqu’un d’autre. Mais pas pour une femme. Pas cette fois-ci. Et tout en glissant mon enveloppe dans l’urne, juste avant qu’on dise tout fort : « A voté ! », je me dirai que c’est en pensant à Édouard que je ne vote pas pour une femme. Ça sera un peu comme quand on est en couple mais que de l’usure s’est installée et quand on fait l’amour, on pense à quelqu’un d’autre. Ça n’empêche pas faire l’amour voire, de prendre du plaisir mais probablement, c’est parce qu’on pense à Édouard qu’on a eu un orgasme digne de ce nom. Que voulez-vous, moi, Édouard, il me branche.

Il est possible que ça me soit déjà arrivé dans la vraie vie, d’être avec quelqu’un et de penser à quelqu’un d’autre. Ça a même été un peu mon carburant pour écrire, quand j’étais plus jeune. M’inventer d’autres vies, vivre d’autres grandes amours impossibles et unilatérales donc, à travers ma volonté de penser à Édouard en ne votant pas pour une femme, dimanche, je prouve que j’ai une certaine constance dans mes façons d’être et de raisonner. Suis-je quelqu’un d’infidèle pour autant ? Oui. La réponse est sans appel. Il est clair que j’ai toujours été absolument fidèle en amitié. Pour ce qui est de l’amour, je vais prendre un joker. Peut-être l’appel  à un ami. Ou le cinquante-cinquante. En tout cas, surtout pas l’avis du public. Il faut que tout ça reste entre nous. Sans sortir de ce blog.  

Maintenant, à la célèbre question de Thierry Ardisson, au début des années 2000 (il me semble) : est-ce que sucer, c’est tromper ? Là, je suis plus modéré. Parce que tout dépend si on y met des sentiments ou pas. Et moi, quand je vote, oui, j’en mets, des sentiments. Donc, je prends le risque de me retrouver dans une situation vaudevillesque. De toute façon, il est hors de question que je suce qui que ce soit dimanche, au bureau de vote, à part mon crayon, éventuellement, pendant que j’attendrai mon tour mais comme je ne suis pas un suceur de stylo… Non, je veux juste voter Édouard. Parce que c’est vers lui que mon cœur balance le plus. Et que j’ai envie de me pencher. Je lui fais totalement confiance, pour ça, je sais qu’il fera en sorte que je ne tombe pas. Ou pas trop fort.