Je me rends compte que toute cette histoire qui n’aurait pas dû prendre de place dans ma vie, finalement, elle monopolise tous mes billets depuis trois jours, toutes mes discussions avec les gens que je rencontre et toutes mes pensées. De là à croire que je ne pense qu’à mes slips, il y a un pas que je ne suis pas tout à fait prêt à faire mais comme je peux être aussi imprévisible qu’inattendu, ça ne me fera jamais qu’un usage abusif de synonymes de plus. Et donc, oui, je vais revenir encore un coup sur cette agression qui n’en était pas vraiment une, de samedi dernier (putain ! C’était le 1er avril ! Si ça se trouve, c’était une caméra cachée et je ne m’en rends compte que ce matin ! Encore que… Une caméra cachée dans le slip… Je ne veux pas dire mais on est à deux doigts d’une coloscopie, là, non ?)

Parce qu’une chose ne m’est pas du tout venue à l’esprit, ce matin-là. Quand le mec m’a harangué pour me faire sa proposition idiote, je ne vois pas pourquoi j’ai perdu tous mes moyens. J’avais une façon très simple de lui répondre pour couper court à tout. Tiens, faisons une reconstitution des faits et vous allez tout comprendre : « Mon pote, il veut t’mettre sa main dans l’slip ! » « Pardon ? Je ne suis pas sûr ni certain de bien vous comprendre ? Votre ami veut mettre sa main dans mon slip ?  Ah, je suis désolé, mais je ne porte pas de slip, uniquement des boxers. Et encore, un seul à la fois. Donc, je pense que ça ne va pas l’intéresser, un boxer. Et puis, dites-lui que moi, je ne tutoie que les gens avec qui j’ai couché. Donc, ce serait gentil de me dire vous comme je le fais moi-même, je vous remercie. »

Maintenant, sans vouloir faire le moindre délit de faciès, est-ce qu’il aurait pu comprendre mon propos, le mec qui m’a interpellé ? Vous savez quoi ? Mon sexe et moi (oui, je lui ai demandé son avis, il est un peu concerné, dans cette affaire, lui aussi), nous pensons que non, pas vraiment. Nous pensons que le mec n’avait ni le sens de l’humour un peu fin (comme le mien) ni la capacité à entendre des propos dans un bon langage, respectueux, qui plus est. Donc, nous pensons que ça n’aurait servi à rien. Mais ça nous aurait permis de passer plus vite à autre chose, mon sexe et moi. Même si je pense que c’est plus facile pour lui que pour moi. Quand je lui en parle, comme ce matin, à mon sexe, il ouvre un œil, me regarde d’en bas et hausse les épaules en me faisant comprendre que bof, hein.