Après, on peut en trouver des bonnes mauvaises raisons pour ne pas les recevoir ces amis qui cherchent à nous envahir avec leurs enfants qui ne peuvent pas manger de tout et surtout, qui sont bien jeunes, comme beaucoup d’enfants, oui, mais quand même, pour moi, les enfants, c’est un peu compliqué, surtout ceux des autres et comme je n’en ai pas, moi, personnellement… Donc, j’ai continué à réfléchir pour trouver des arguments recevables afin de me, nous sortir de cette impasse.

Premièrement, je pourrais dire que j’ai perdu ma grand-mère ou mon grand-père mais nous ne sommes que le 18 et ça ne serait pas très crédible de le dire une semaine avant. Non, je pense que ça, ce n’est valable que pour les adolescents qui ne veulent pas aller en cours car c’est plus sympa de voir ses potes et de fumer des cigarettes en douce. Ou quand on veut tirer au flanc au lieu d’aller travailler, les patrons, ça, ils peuvent l’entendre mais dans le cas qui nous concerne et nous importe, non.

Je pourrais dire que je n’aime pas les enfants (quelle est la part de vérité dans cette phrase ?) mais je ne sais pas si des parents peuvent entendre ce genre de propos. Mais rien ne m’empêcherait d’ajouter que sauf s’ils sont bien cuits, les enfants parce que là, oui, je peux en manger plusieurs les uns à la suite des autres. Mais là encore, les parents risquent d’être choqués. Et, pour ne pas prendre de risques, venir avec des enfants encore crus. Et là, c’est moi qui serai alors bien embêté, oh la la, oui.

Je pourrais leur dévoiler que j’ai une maladie vénérienne contagieuse. Ou que je suis cas contact. Et que ça craint et que je ne voudrais pas générer un cluster parce que nous aurions été 5 de trop chez moi. Je pourrais leur dire que leur tribu, c’est un peu comme le Club des Cinq et alors, je pourrais leur dire d’aller en vacances ailleurs que chez moi. Je pourrais leur dire que je me suis cassé un bras ou une jambe et que pour cuisiner, ça risque de ne pas être tout à fait possible voire carrément infaisable.

Après, j’ai bien un argument imparable mais je ne sais pas dans quelle mesure je peux leur dire et surtout, je n’aimerais pas que ça m’attire des ennuis. Je vous rappelle, ainsi qu’à la police, que ce que je dis, ici, ce ne sont que des mensonges, que jamais (ou presque) rien n’est vrai… Bon, allez, je me lance, je sais ce que je vais leur dire : je porte un bracelet électronique qui m’interdit de m’approcher du moindre enfant car je suis un pédophile en rémission mais rien ne garantit que je ne vais pas rechuter.