On est parti, samedi, dans une grosse voiture faire tous ensemble un grand pique-nique dans la nature en emportant des paniers, des bouteilles, des paquets et la radio ! Des cornichons, de la moutarde, du pain, du beurre, des p’tits oignons, des confitures et des œufs durs. Des cornichons…

Tiens, je vais prendre un bocal de cornichons. Je ne sais pas s’il m’en reste un mais dans le doute… Et en plus, ça ne se perd pas rapidement, ça. Surtout à la maison. Allez, c’est vendu, je file à la caisse. « Bonjour madame, oui, tout s’est bien passé. Non, je n’ai pas de remise particulière. Mais j’ai pris des cornichons. Et je vais payer en carte bancaire, oui. Merci et bonne journée. » Ah tiens, j’ai un bon de réduction qui m’est offert. C’est pour des cornichons. Ça sera pour la prochaine fois. Je ne vais pas aller chercher un autre pot dès maintenant, non je vais rentrer, ranger mes courses et peut-être grignoter un ou deux cornichons. J’en ai envie mais je vais attendre d’être rentré chez moi. Je ne vais pas en manger dans la voiture, quand même ! Ça me fera un deuxième petit déjeuner. Tranquille.  

Bon, ça y est, tout est à sa place. Les choses fraîches dans le réfrigérateur. Le reste dans les placards correspondants. Et tiens, avant d’aller chez le patron, en ville, je vais me récompenser de ces commissions parfaitement réalisées : trois petits cornichons ! Déjà, il faut que j’arrive à ouvrir le bocal. Ah, ça y est. Eh bien, les cornichons, ça se mérite ! Parce qu’avec mon arthrose aux doigts, je suis devenu faible. Hmmm, le premier que j’ai pu attraper est petit mais il est bon. En même temps, ce n’est pas la taille qui compte. Et le deuxième aussi. Et le troisième, encore meilleur. Parce que c’est le dernier pour l’instant. Je file chez le patron et j’en reprendrai tout à l’heure, des cornichons. Dans l’immédiat, il faut que je pense à autre chose. Ce n’est pas le moment de me gaver d’eux.

Eh bien, quelle matinée avec le patron. On n’a pas arrêté. Quand je suis rentré, j’ai réchauffé le déjeuner et pour patienter, j’ai mangé un morceau de pain avec deux cornichons. Je me suis régalé. Et à quatre heures, je me suis fait une tartine de beurre avec des cornichons coupés en rondelles. C’était super bon. Et en préparant le dîner, j’ai picoré dans le bocal. Et j’ai vérifié, je n’avais aucun bocal d’avance et celui-ci est déjà bien entamé. J’irai en acheter demain, si j’ai cinq minutes. Surtout avec le bon de réduction de ce matin, ça me fera une remise. C’est toujours ça de pris. Tiens, avant d’aller au lit, je pense que je vais prendre un cornichon. Je ne sais pas ce que j’ai, en ce moment, j’ai toujours envie de cornichons. Si j’étais une femme, je pourrais me demander si je suis enceinte mais là ?

Mais quand on est arrivé, on a trouvé la pluie ; c'qu'on avait oublié, c'était les parapluies ; on a ramené les paniers, les bouteilles, les paquets et la radio ! On est rentrés manger à la maison : le fromage et les boîtes, les confitures et les cornichons ; la moutarde et le beurre ; la mayonnaise et les cornichons ; le poulet, les biscottes ; les œufs durs et puis les cornichons