En France, il existe une protection juridique concernant notre historique sur Internet. Moi, j’en suis le premier concernable et le premier concerné. Comment ça ? Qui a dit que concernable, ça n’existait pas ? C’est vrai, ça n’existait pas, il y a encore cinq minutes mais depuis que je l’ai écrit, validé et déposé (pour les droits d’auteur), je peux vous dire que maintenant, il existe au même titre que détectable et formidable, deux adjectifs qui n’ont rien à voir mais j’avais envie de les placer là. Et donc, pour en revenir au sujet du jour, je revendique le droit à l’oubli. Je veux qu’on pense à moi et qu’on m’oublie aussi vite. À la seule condition, c’est qu’on repense à moi tout aussi vite qu’on m’a oublié. Et qu’on s’arrête sur le verbe penser et non pas sur le verbe oublier. Parce que je le veux ainsi.

Oui, je revendique le droit à l’oubli. Mais, on ne comprend pas, Stéphane, tu veux qu’on t’aime et tu revendiques le droit à l’oubli, ce n’est pas un peu paradoxal, ça ? Je revendique aussi le paradoxe. J’aime les paradoxes. Je suis capable de sauter de paradoxe en paradoxe comme Tarzan de liane en liane, avec une aisance sidérante. Et il ne s’agit absolument pas de mauvaise foi, tous mes proches peuvent en témoigner, je ne suis jamais de mauvaise foi, ce sont toujours les autres qui ont mal compris ou qui comprennent mal ce que je leur dis. En réalité, je crois que je suis un incompris. Comme tous les grands… Non, ça, je ne pas le dire, ça nuirait à ma réputation de mec modeste. Et humble. Et simple. Mais pas d’esprit. Du moins, je ne l’espère pas. Pour ça, je me fais confiance.

Pour en revenir à mon droit à l’oubli, oui, je sais, j’ai envie qu’on m’aime, je souhaite qu’on me préfère mais j’ai aussi besoin qu’un jour, on puisse m’oublier. Je ne tiens pas à laisser quelque trace que ce soit dans ce bas monde, le jour où je partirai. Ou alors, juste un peu de bave. C’est la seule trace que je peux prétentieusement avoir la certitude de laisser après moi. Pas grand-chose. On ne retiendra pas mon blog. Et encore moins mes poèmes. Et encore moins mon œuvre inachevée. Alors, le mieux, dans ces cas-là, c’est qu’on m’oublie. Purement et simplement. Définitivement. Inéluctablement. Et qu’on ne se demande jamais : « Stéphane G. ? Il me semble avoir déjà entendu ce nom mais ça ne revient pas. C’est bête, je l’ai sur le bout de la langue… » Eh bien oui, ça, ça me va.