L’autre fois, en allant faire deux ou trois courses à pieds, à Saint-Maixent, ville natale et de mon adolescence (j’ai passé ma petite enfance à Senlis, dans l’Oise), je suis passé sur l’avenue (comme s’il n’y en avait qu’une) qui rattrapait l’immense place Denfert Rochereau afin de me rendre à Intermar… Non, on s’en fout du nom du magasin, je ne suis pas là pour faire de la publicité gratuitement. Bref, je suis passé par l’avenue de l’École Militaire (comme son nom l’indique) et là, sur un des murs qui enceignent l’un des derniers bâtiments de l’armée (ah la grande époque de Saint-Maixent !...), j’ai aperçu une affichette à plusieurs endroits : « Terrain militaire – Défense d’entrer – article 413-5 et R 644-1 du code pénal » Bon, comme ça ne me disait rien de pénétrer en ce lieu un peu hermétique…

Non, ce qui m’a le plus interpelé, c’est la suite de l’affichette : « Terrain militaire – défense de photographier – R 645-2 du code pénal » et là, je me suis interloqué moi-même (un peu aidé par ce que je venais de lire, malgré tout) : comment était-ce possible ? Et si je photographiais cette affichette, serais-je en infraction ? Alors, comme je suis un peu rebelle (avec beaucoup de limites), j’ai décidé de m’offrir un interdit. J’ai regardé à gauche, j’ai regardé à droite et comme personne ne venait, j’ai pris l’affichette en photo. Et là, je me suis demandé si c’était interdit de photographie une interdiction de photographier. Et je me suis dit que non : ne serait-ce que si c’est pour montrer aux autres que c’est interdit. Ma foi, je pense que j’ai bien fait. Vous en avez la preuve, juste ci-dessous.

défense de photographier

Et en continuant mon petit bonhomme de chemin vers Intermar… Ah oui, c’est vrai, je ne vais pas dire le nom du magasin. Sauf si l’un des mousquetaires me rémunère pour ça. Donc, en allant vers là où j’allais dépenser un peu d’argent, j’ai continué de penser à ce que je venais de voir et à ce que je venais de faire. Et je me suis posé une autre question à laquelle, je n’ai toujours pas trouvé la réponse, encore une fois. Normalement, sur un mur d’enceinte militaire, il doit être interdit d’afficher (ce qui n’était pas indiqué, je me demande bien pourquoi, encore aujourd’hui) et donc : est-il interdit d’afficher pour informer qu’il est interdit d’afficher ? Ah vous voyez, vous êtes comme moi, incapables d’apporter la moindre solution à cette énigme. Je suis fier de moi ? Ouais, un peu.