Je crois que j’ai compris : tout va être divisé par deux. On est parti d’un point A, on est arrivé à un point B, numéroté 206 et là, désormais, nous ne retiendrons plus que le 103. Pile, la moitié. Comme si on n’avait plus le choix et qu’à partir de maintenant, tout ce qui te concernait serait divisé par deux. Ton allure, ta vigueur, tes souvenirs, ta parole et ta capacité de parler, ton regard et ton envie de vivre. Encore une fois, il faut qu’on s’y fasse, à cette nouvelle vie, à cette nouvelle personne que tu es devenue. La différence, cette fois, c’est que même si tout a été divisé par deux, au moins, là, tu as le droit d’avoir quelques effets personnels autour de toi. Comme pour te rappeler que tu as eu une vie, avant celle-ci, avant ce qui te sert de vie, actuellement. Un palliatif. Un ersatz. Un pis-aller. Pire aller.

Un pire aller sans possibilité de retour. Au-delà de cette porte, tout retour en arrière est totalement impossible et au-delà de tes limites, mon ticket n’est plus valable. De toute façon, je ne suis pas très sûr de bien apprécier la fin du film dont tu as toujours été mon héros. Si j’en avais eu la capacité et la possibilité, j’aurais écrit quelque chose de plus enlevé, de plus joyeux et de nettement moins gris. Et pourtant, pourtant (je n’aime que toi), le gris fait partie de mes couleurs et teintes préférées. Mais pas là. Comme toi. Tu es là mais tu n’es pas là. Tu n’es déjà plus là. Tu es dans une espèce d’ailleurs inaccessible. Tu deviens de la seule nuance de gris que je n’aime pas mais je continuerai de venir parce que de toute façon, peut-être que je vais finir par m’y faire à défaut de vraiment m’y habituer.

Peu importe que la chambre 206 ait été bleue, une autre de mes couleurs préférées. Peu importe que la chambre 103 soit un peu plus à l’image de ce que tu as vécu et de qui tu as été, d’ailleurs je ne sais même plus qui tu es. Toi-même, tu ne le sais pas, tu ne peux pas le savoir. Tu es là mais tu n’es plus là. Et moi, je peux quand même te dire que je préfère toujours les chiffres et les nombres impairs. Sauf que je viens d’apprendre que ce n’est pas la chambre 103, dans laquelle tu vas vivre, désormais, mais la chambre 13C. Et je crois que ni 206, ni 103 ne sont divisibles par 13C. C’est nul. En même temps, on s’en fout un peu mais bon, moi, j’aime bien que certaines choses soient carrées. Et là, je n’y trouve pas mon compte. Malheureusement, cette fois, on ne peut pas revenir sur ce qui est fait.