Les oiseaux dans la charmille, dans les cieux l'astre du jour ; Tout parle à la jeune fille, tout parle à la jeune fille d'amour!

Je l’ai déjà dit et je l’ai déjà écrit mais le 26 avril, ce n’est pas une date anodine dans ma vie. Et pas que dans la mienne. Et c’est aussi une date importante pour celles et ceux qui aiment la Sainte Chapelle, à Paris. C’est la date de sa consécration, en 1248. Et moi, même si je suis apostat, je reconnais que c’est un édifice religieux qui m’a toujours donné la chair de poule. Comme tant d’autres. On peut ne pas croire en un Dieu, quel qu’il soit et apprécier les monuments religieux et les arts sacrés. Ma mère est comme moi ou plutôt, je suis comme elle ou les deux, elle n’aime pas beaucoup tout ce qui touche aux bondieuseries et pourtant, je me dis qu’elle aimerait beaucoup la visiter, elle aussi, cette superbe Sainte Chapelle. Après tout, comme à l’impossible nul n’est jamais tenu, on peut toujours penser que…

Ah ! Voilà la chanson gentille, la chanson d'Olympia ! Ah ! Ah ! Voilà la chanson gentille, la chanson d'Olympia ! Ah !

Un autre 26 avril qui compte, c’est celui de Guernica, au pays Basque espagnol, en 1937. C’était un jour de marché, un jour funeste car pour la première fois dans l’histoire contemporaine qu’on a sciemment massacré une population civile. Hitler, Franco, même combat. Ma mère avait un an et elle ne se doutait pas que le monde pouvait être aussi mouvementé voire cruel. Bienheureux les enfants en bas âge, ils sont comme les simples d’esprit. Quelques petites années après, ce fut l’horreur de la seconde guerre mondiale. Et moi, plutôt que de ne me souvenir que de ça, je préfère fredonner l’air des Oiseaux dans la charmille, extrait des Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Parce que la vie, c’est avant tout et surtout des oiseaux qui chantent et des fleurs qui colorent notre espace de vie. Le reste, ça ne compte pas. 

Tout ce qui chante et résonne et soupire, tour à tour, émeut son cœur qui frissonne, émeut son cœur qui frissonne d'amour!

En 1986, le 26 avril, ce fut évidemment l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Un choc mondial. Comme un sentiment de gâchis. Une sensation de honte. N’arrivait-on pas au bout du bout ? Que pouvait-il nous arriver de plus dangereux en dehors des guerres ? J’avoue que ça a un peu gâché la fête et ma mère n’a peut-être pas voulu s’en souvenir pour cet accident-là. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, c’est principalement son anniversaire à elle. Elle fait 85 ans, cette année. Les circonstances ne sont pas les meilleures pour fêter ça comme il se doit mais je pense qu’on ouvrira peut-être, sans doute une bouteille de champagne quand même, ce soir. Il n’y a pas de raison de ne pas se faire un peu plaisir. Si on devait nous retirer ça aussi, que nous resterait-il ? Oui, aussi, les mélodies d’Offenbach…

Ah ! Voilà la chanson mignonne, la chanson d'Olympia ! Ah ! Ah ! Voilà la chanson mignonne, la chanson d'Olympia ! Ah !