Le président a corrigé les quelques fautes de frappe dans le document que j’ai validé pour les démarches à effectuer après mon décès. Nous nous sommes mis d’accord pour le mettre à jours tous les ans, au 31 décembre voire au 1er janvier. En gros, en même temps qu’on souhaitera bonne année, bonne santé à tous nos proches, on fera les rectifications nécessaires sur la liste des gens que j’aimerais (sa)voir prévenus de ma disparition. Et puis si j’ai décidé de changer d’avis sur tel ou tel point (choix du cercueil, dispersion des cendres, dernier billet pour annoncer ma mort dans ce blog…), au moins, ça sera fait une fois par an. C’est le minimum syndical. Je ne vais pas le faire tous les moins, non plus. Sinon, je risque d’avoir l’impression de ne penser qu’à ça : obsédé de mon décès. 

Néanmoins, comme dirait le Sphinx, sur le plateau de Gizeh, en Égypte, je pense que c’est bien beau de penser à tout ça pendant qu’on est encore en vie (c’est nettement plus difficile quand on vient de mourir) mais qui peut me garantir que tout se passera bien comme c’est écrit dans le document en question ? Après tout, hein, comme je ne serai plus là pour m’assurer du suivi de mes dernières volontés, je me demande si la solution ne serait pas de passer en mode test. En mode essayage. Non pas que j’aie la moindre envie de mourir pour voir ce que ça fait et revenir  ensuite pour dire ce qui s’est bien passé et surtout, critiquer ce qui ne s’est pas bien passé mais juste pour savoir. Pour vérifier. Pour être sûr que nous n’avons pas fait tout ce travail pour rien. Pour voir si ça marche.

Alors, j’ai donc proposé une répétition générale en demandant au président, en tant qu’homme de confiance, exécuteur testamentaire et légataire universel, de lancer toute la procédure pour faire le point sur ce qui va et sur ce qui ne va pas. Et c’est ce que nous avons fait. Sauf que nous avons envoyé les faire-part et qu’il a été assailli (et le mot est faible) d’appels éplorés de proches désespérés de me savoir définitivement parti. Le savoir m’a fait énormément de bien car ça voulait dire qu’on m’aimait ou à défaut, qu’on m’aimait bien. Mais le problème, c’est quand on leur a dit la vérité. On s’est fait engueuler, je ne vous dis pas. Parce qu’on ne plaisante pas avec ces choses-là. Parce qu’ils n’ont pas vu que c’étaient des faire-part à blanc. En fait, ils ont mal géré leur émotion.