Je vais vous confier un ou deux petits secrets de fabrication de mon blog. J’ai toujours des idées d’avance et je les note dans mon fichier Word du mois en cours. Et là, je croyais vraiment avoir écrit quelques phrases qui étaient un bon début pour des billets à venir mais je n’arrive pas à mettre la main dessus. J’ai regardé à la fin de mon document pour le mois d’avril et j’ai même regardé à chaque jour à venir. Mais je ne retrouve rien. Alors, je me suis dit que peut-être, je dis bien peut-être, que le 31 mars, quand j’ai préparé le fichier pour le mois qui arrivait, j’avais simplement oublié de recopier les idées que je traîne depuis des mois, pour certaines. Oui, parce qu’il peut m’arriver de penser à quelque chose que je trouve pertinent mais je l’enfouis vite au milieu d’autres phrases.

Et puis entre l’instant où je pense à un truc que je trouve bien, parfois dans la rue, dans le tram ou pendant mes éveils nocturnes et le moment où je m’apprête à le mettre en forme dans un vrai billet, je peux manquer d’inspiration et donc, le remettre à plus tard. Enfin bref, j’avais plusieurs idées sur lesquelles travailler mais je ne les retrouve plus. Attendez, laissez-moi réfléchir quelques secondes ou quelques minutes. Laissez-moi réfléchir un peu plus fort (mais pas trop, hein, sinon, ça va me donner mal à la tête) pour voir si ça vient, si ça va me revenir… Tiens, si je regardais dans des fichiers que j’ai ouverts depuis une semaine, si ça se trouve, je me suis juste trompé. Je les ai peut-être mis à la fin d’un courrier pour Christian. Ou dans la lettre à un prince, commencée mais pas finie, elle aussi.

Non, de toute façon, ça ne peut être que dans un document Word, pas dans un fichier Excel. Je ne me vois pas écrire : « C'est impossible dit la Fierté, c'est risqué dit l'Expérience, c'est sans issue dit la Raison, essayons murmure le Cœur » (citation de William Arthur Ward) dans mes comptes quotidiens, ceux qui me servent à pointer mes relevés bancaires. Et encore moins dans le répertoire des adresses de tous mes proches, ça n’aurait aucun sens. Je n’ai quand même pas écrit « pourquoi plus on se gratte, plus ça démange ? » dans l’index de mon recueil Écorces Vives ? Ça n’a rien de poétique, les picotements. Non, vraiment, je suis désolé, j’aurais aimé vous écrire un vrai bon gros billet des familles mais là, je ne trouve plus mes idées. On va dire qu’aujourd’hui, ça ne comptera pas.