J’ai vraiment cru que tu étais de retour mais non, en réalité, c’est encore et toujours ton absence qui me rappelle que je t’attends encore et encore et toujours. Ça ne me rend pas triste, ça me rend impatient. Et je me dis, pour donner le change à ceux qui me croisent, je me dis que ça me permettra de ne pas rater nos retrouvailles, quand tu me reviendras, quand je te reverrai, quand je te… Quand je pourrai enfin de te serrer contre moi et réciproquement. J’ai autant besoin de l’un que de l’autre.

J’ai dû rêver de toi. J’ai dû rêver de ton retour et j’ai oublié de me pincer pour savoir si j’étais dans la vraie vie ou dans un mauvais délire. J’ai été dans une illusion phénoménale, je me suis laissé envahir par mon envie de te revoir enfin. Je me suis laissé avoir par le temps et par cette envie irrépressible que tu sois là, près de moi et moi, près de toi et nous, ensemble. Par ce besoin que j’ai de toi, encore plus fort que jamais avec tout ce temps qui passe sans toi. De tout ce temps perdu, à jamais perdu.

J’ai dans la tête cette sublime chanson de Barbara : « Dis, quand reviendras-tu ; dis, au moins le sais-tu, que tout ce temps qui passe, ne se rattrape guère ; que tout ce temps perdu, ne se rattrape plus… » Mais, de nous deux, qui peut être sûr que ce temps perdu ne se rattrapera jamais ? Peut-être que mon amour pour toi sera plus fort que tout et plus fort que tout ce temps perdu. À vrai dire, je garde confiance car il n’est pas possible que tu ne reviennes pas et que je reste dans ce cauchemar.

Oui, parce que vivre sans toi, c’est comme être dans un cauchemar quotidien, tant diurne que nocturne. Même si le plus dur, sans toi, ce n’est pas la nuit mais bel et bien chaque jour qui passe, interminablement. Parce que vivre sans toi, c’est ne pas savoir faire autrement que t’attendre, espérément, follement, ardemment et c’est comme si je n’avais plus d’autre choix que de rêver de toi.

J’ai cru que tu étais de retour et je me suis trompé. Je me suis pris les pieds dans le tapis de mes désirs. Je me suis empêtré dans ce piaffement fiévreux qui m’habite tant que tu ne seras pas là et tant que je saurai que plus les jours passent, plus celui de ton retour finira par arriver. Et alors, quand tu seras de nouveau là, je pourrai me permettre de rêver de toi pour de vrai, en tout confiance et rêver de tous ces moments heureux que nous pourrons recommencer de vivre ensemble, toi et moi.