Je crois que j’ai enfin compris comment fonctionnait le français moyen. Qui entends-je derrière cette appellation « français moyen ? » Bien sûr, ça n’a rien à voir avec celui de la chanson de Sheila en 1968 mais avec celui qui n’a pas voté Emmanuel Macron en 2017, tout d’abord et ensuite, avec celui qui a voté pour lui mais qui le regrette. Il a pu le regretter au bout de quelques mois mais également au bout d’un an ou deux voire trois. Peu importe. (Faire cette précision, ce n’est que du remplissage.)

Le français moyen ne supporte pas les grèves de la CGT quand elles le touchent directement mais il soutient les grévistes car quelque part, ça lui donne une bonne raison de ne pas aller travailler s’il n’y a pas de transports en commun (dans le cas d’un mouvement des conducteurs de trains, par exemple) et il est même prêt à donner un peu d’argent dans la cagnotte pour aider les grévistes qui sont tellement en grève qu’ils vont perdre trop de salaire et ça, non, ça n’est vraiment pas juste.

Le français moyen aime bien travailler mais à condition de gagner au moins 3000 euros par mois sans compter les primes, les bonus, les intéressements, les indemnités diverses et les paniers repas, les remboursements de frais et tout le toutim. Il aime bien travailler mais pas trop, pas les jours où il fait trop beau, pas les jours où il fait trop froid, pas les jours où il y a trop de boulot et pas les jours fériés religieux même si le français moyen ne croit pas en Dieu car la religion, il s’en tamponne le coquillard. Et si possible, 20h par semaine.

Le français moyen trouve le gouvernement confus et contradictoire dans tout ce qu’il dit et dans tout ce qu’il fait, surtout depuis 2017. Et principalement pendant la crise sanitaire du Covid 19. Quand on lui dit : les écoles sont de nouveau ouvertes, il ne veut pas y envoyer ses enfants. Dix jours après, il se plaint qu’il ne peut pas y envoyer ses enfants parce que là, il en a besoin puisqu’on lui demande d’aller travailler. Le français moyen est contestataire par principe, confus et incohérent. Il ne le sait pas.

Le français moyen attend avec impatience et une certaine colère que le déconfinement arrive. Non pardon, par le déconfinement, mais la réouverture des cafés, des restaurants, des plages, des stades, des salles de sports, de cinéma et de concert et les baisodromes. Si on lui dit que les écoles sont rouvertes, il est contre car c’est trop dangereux et si on lui dit qu’il peut retourner travailler, là encore, il hésite car il  y a trop de risques. Donc, le français moyen veut le déconfinement mais uniquement pour ses loisirs et ses plaisirs.