Bon, ça suffit, président ! Arrête de me parler quand je n’ai pas envie qu’on me parle. Ça doit se voir, non, que je n’ai pas envie de communiquer. Je ne vais quand même pas en arriver à me mettre un panonceau autour du cou avec écrit « Interdit de me parler » ou « Prière de ne pas me parler » ou encore « Ne pas m’adresser la parole » ! Tu vois bien que je suis concentré sur ce que je fais et quand je suis concentré, je n’aime pas être dérangé. Je le suis déjà assez comme ça, au naturel… D’accord ?

Hé, président, arrête de me parler quand je fais pipi. J’estime qu’il n’y a rien qui puisse être plus important que mon envie de me vider la vessie. Au pire, j’en ai pour deux minutes lavage des mains compris, alors, ce que tu as à me dire, ça peut bien attendre. Non, parce que là aussi, quand je fais pipi, je me concentre pour ne pas me tromper et si tu me déconcentres, je ne garantis rien alors, après, ne va pas te plaindre. Moi, de toute façon, j’ai ma conscience pour moi, je t’aurai prévenu.

Président ! Je te demande également d’arrêter de me parler quand je suis sous la douche. Un peu comme quand je fais pipi (les deux ne sont pas incompatibles ! Surtout l’un dans l’autre…), quand je suis sous la douche, il n’y a rien de plus important que le fait que je sois justement sous la douche. Bon d’accord, la fin du monde. Le décès d’un proche. Mais comme ça n’est encore jamais arrivé et j’espère que ça n’arrivera pas de sitôt, je te demande donc de me laisser me laver tranquillement.

Qu’est-ce qu’il y a ? Quoi ? Hein ? Je t’ai déjà dit de ne pas me parler quand je suis en train de cuisiner et que la hotte est en marche. Déjà que ça rissole dans mon wok, avec la hotte en plus, je ne te dis pas, je n’entends rien. Et je ne peux pas lâcher ma préparation des yeux, je ne veux pas que ça attache. Oui, je sais, je suis chiant mais quand je cuisine, je cuisine, je ne m’amuse pas. Alors, tu attends peu, je me lave les mains dès que je peux venir te voir et tu me diras ce que tu as à me dire.

Hmmm ? Oui. Euh, non. Mais si je t’écoutais, président mais excuse-moi, je pensais à autre chose. Eh bien, tu n’es pas obligé de me parler quand je ne t’écoute pas ! C’est pourtant simple. Il y a des moments où je ne t’écoute pas, non, parce que… Non, ne m’oblige pas à dire des choses désagréables, ça n’en vaut pas vraiment la peine. Mais bon, moi, la loi de finance dès 8h du matin quand tu te lèves, merci mais très peu pour moi. Même à midi. Ni même le soir. Sans rancune, hein ?