En ces temps de déconfinement, il est normal de recevoir des invitations car ceux qui vous invitent sont en manque et je crois que je dire, en toute modestie, que je suis le roi de l’alibi et de l’excuse réunis car je n’aime pas froisser mes amis ou mes relations moins proches. Il n’y a guère que ceux que je n’aime pas qui m’indiffèrent mais en général, ceux-là ne m’invitent jamais ou alors, c’est une erreur. Enfin bref, là, par exemple, si vous m’invitez, je vous dis que non, je ne peux pas, j’ai piscine.

Là, par exemple, des voisins que je trouve sympas mais sans plus nous ont proposé de venir prendre un apéro dans une ambiance conviviale et moi, je sais que ça va ressembler aux fois précédentes et je ne comprends pas qu’on dise soi-même que ça va être convivial, ce n’est pas la peine de le préciser car si vous invitez des gens pour faire la gueule, ce n’est pas la peine de le faire. Et moi, là, j’ai envie de dire que je ne peux pas, samedi 6 juin, je suis d’enterrement, oui, non, ça n’est pas drôle du tout.

Sinon, là, autre exemple, je suis en train de vouloir changer de voiture et je me dis que comme je n’en ai pas spécialement besoin, le mieux, c’est que je me trouve une bonne raison, pleine de mauvaise foi et justement, quand le président m’a demandé pourquoi, soudain, j’avais envie de changer de voiture, celle que j’ai déjà est très bien même s’il y a mieux, je ne lui ai pas dit que j’en avais seulement envie, non : « Toi, tu t’es bien acheté un pantalon de jogging, hier, alors, hein ? … »

Je ne suis pas non plus très branché téléphone, je préfère les échanges écrits et j’avoue que parfois, les communications verbales s’éternisent un peu trop à mon goût. Mais je suis capable de trouver des raisons géniales pour couper court : « Je vais raccrocher car mon canapé va passer sous un tunnel ! » ou encore « Oui, j’ai un forfait illimité mais tu sais, ça me coûte tellement de te de parler !... » ou enfin « Maman, ton gratin de pâtes risque de cramer, on se rappelle une autre fois ! »

Le pire (ou le meilleur ?), c’est quand je suis en voiture, j’avoue ne pas toujours être patient ni compréhensif mais j’essaie malgré tout de respecter les règles du code de la route (n’est pas fils de moniteur auto-école qui veut) et l’autre jour, alors que je n’avais pas vu que je m’étais stationné sur une place « handicapé », quand on m’en a fait la remarque, j’ai dit : « D’abord je n’avais pas vu, désolé et ensuite, on nous dit toujours de nous mettre à leur place pour comprendre, là, c’est fait ! »