Avec le coronavirus, le confinement et le déconfinement, plein de choses ont déjà changé dans notre quotidien. Non seulement, il y a les lavages de mains systématiques presque trente ou quarante fois par jour (peut-être plus) ; non seulement, il y a le port du masque voire d’une visière ; non seulement, il y a les distances physiques entre 1 et 2 mètres ; non seulement, il y a le contingentement des clients dans tous les magasins et lieux ouverts au public mais il y a aussi la prise de rendez-vous pour tout : opticien chez qui on va chercher une paire de lunettes commandée avant le 15 mars et livrée le 15 mai ; concessionnaire de voiture chez qui on va pour essayer un modèle quand on a dans l’idée de changer la sienne, subitement ; banque chez qui on a besoin de poser quelques questions, etc… Et il faut donc prévoir un agenda, papier ou virtuel, sur son téléphone.

Mais jusqu’où cela ira-t-il ? Je n’ose imaginer… Quelqu’un me rentre dedans avec son véhicule de livraison genre Kangoo et il nous faut faire un constat et si on veut respecter les gestes barrières, ça va devenir un peu compliqué. Alors, le mieux, c’est d’échanger nos numéros de téléphone à deux mètres l’un de l’autre et de se donner rendez-vous, virtuel, dans ce cas précis pour pouvoir remplir le document ad hoc (comme celui du capitaine !) et se l’envoyer signé par mail afin de l’envoyer aux compagnies d’assurances concernées. Imaginons encore un autre cas de figure : une vieille dame se fait voler son sac dans la rue et elle veut aller porter plainte au commissariat le plus proche. Ce dernier est fermé et ne prend que sur rendez-vous. La vieille dame va devoir téléphoner et attendre qu’on lui trouve un créneau dans lequel elle devra être disponible sous peine de report de délai.

Ou mieux, il faudrait envisager que les voleurs à la tire prennent rendez-vous pour piquer les sacs des vieilles dames. « Bonjour madame, je voudrais vous piquer votre sac à main, quand serez-vous disponible ? » « Écoutez, jeune homme, je pense que demain, j’irai à la banque à 15h20, j’ai un rendez-vous avec mon conseiller… » « Dans quelle rue ? » « Rue Croix de St André » « Bon, j’y serai, merci de ne pas me poser un lapin, madame. » « Entendu, jeune homme, à demain. » Et on peut même imaginer encore pire : « Bonjour mademoiselle, je voudrais vous violer après vous avoir tabassée, quand êtes-vous disponible ? » « Euh… Attendez, je consulte mon agenda… Ce soir, après mon cours de zumba, je traverse une zone un peu déserte, si ça vous intéresse… » « 21h15 ? » « Entendu, 21h15, mais je risque d’avoir cinq minutes de battement… » « Pas grave, j’attendrai ! »