Je ne sais pas si tu existes mais tu habites à 1 200 pas (environ) de chez moi (j’ai bien précisé « environ » car le calcul du nombre de pas ne peut pas être une science exacte, ça dépend entre autres du fait de commencer du pied gauche ou du pied droit et des éventuels obstacles en cours d route, pour ne citer que ces deux points) et marcher jusque chez toi, ça me permet de faire 2 400 pas, aller et retour, à chaque fois (environ, toujours pour les mêmes raisons) mais, si tu existes, j’insiste, encore faut-il que tu habites au même endroit près duquel je me rends à chaque fois que je te rends visite. Ça me fait comme un objectif pour une petite marche de fin de journée, pour les fois où je sens, où je sais que je n’ai pas fait assez d’exercice physique. Alors, de temps en temps, je viens.

Ces 1 200 pas, je les fais avec plaisir car on ne sait jamais, toujours si tu existes, j’aurai alors la chance de t’apercevoir, voire de te voir (la répétition est volontaire) et pourquoi pas, dans l’idéal, dans l’absolu, que tu me raccompagnes jusque chez moi. Tu pourrais avoir un chien (ou une chienne, je ne suis pas chien) et ça te ferait, ça vous ferait une bonne raison d’aller dehors. D’autant que depuis le début de cette semaine, on n’a plus besoin d’attestation dérogatoire de déplacement pour sortir de chez soi. Et quand bien même, 1 200 pas, ce n’est pas 100 kilomètres, je n’ai pas des bottes de sept lieues et au mieux, avec mes jambes de mec pas si grand que ça, ça fait à peu près 720 mètres de marche pour venir jusque chez toi, qui n’existe pas encore sauf dans mon esprit et dans mon cœur.

On peut avoir le cœur qui bat pour quelqu’un qui vit à 1 200 pas de chez soi. Reste juste à savoir qui est ce quelqu’un. Et si ce quelqu’un n’existe pas, on peut l’inventer. Et si tu n’existes pas, moi, je vais t’inventer. Et si je te crée, je vais te faire à ton image. Et tu seras mon secret. Un secret bien gardé puisqu’il vaudra largement 2 400 pas, aller et retour, la distance des sentiments que je pourrais te porter. Le prix d’un amour ? Ne brûlons pas les étapes, commençons déjà par faire le trajet et peut-être te rencontrerai-je enfin sur le chemin qui me mènera jusqu’à toi. Et si ce n’est pas aujourd’hui, tout à l’heure, ce soir, ce sera peut-être demain, après-demain ou encore plus tard. Je ne suis pas spécialement pressé car tout vient à point nommé à qui sait attendre. En faisant les 12 fois 100 pas.