Avec cette minute qui n’a rien à voir avec celle du silence, chaque soir, avec le président, nous sortons pour applaudir les personnels soignants mais aussi les autres, ceux qui sont là depuis le début du confinement pour nous permettre de bien (sur)vivre. Et, au bout de quatre semaines, on a remarqué des gens qui sont là tous les soirs, eux-aussi, qui à sa fenêtre, qui à son balcon et qui sur sa terrasse. Au début, il faisait nuit, à 20 heures car nous étions encore en heure d’hiver mais depuis fin mars, il fait jour et on peut (à peu près voir) nos voisins dans les immeubles environnants, proches ou un peu plus éloignés et de fil en aiguille, comme on est là chaque soir au même moment…

Au même endroit et à la même heure, forcément, ça crée une espèce de lien qui nous unit malgré nous. Et nous avons fini par nous saluer, d’abord d’un signe de tête, un peu timide, au début puis, d’un geste de la main à la façon de la reine d’Angleterre et maintenant, avec des grands signes. Ça nous rend complices d’un moment de communion, de partage et de solidarité. Et ça me rend curieux car avant cette nouvelle routine, je n’avais jamais fait attention à ces ouvertures voisines et donc, je n’avais jamais vu qui que ce soit. Finalement, le confinement, qui nous oblige à nous isoler nous permet de nous rapprocher (virtuellement) des autres. C’est plutôt sympa et ça fait du bien.

J’ai remarqué en particulier, le monsieur qui habite avec sa femme et chez qui il y a un enfant d’environ 10 ans, dans l’immeuble à droite de notre propre terrasse, il est au cinquième étage, lui aussi et il a une terrasse plus grande que la nôtre mais comme on sait très bien que ce n’est pas la taille qui compte… Bref, j’avoue que depuis quatre ans que nous habitons ici, je n’avais jamais remarqué personne, là-haut. Et là, en dehors du fait que je suis un peu jaloux de son grand espace extérieur, j’aimerais en savoir plus. Je vais donc commencer une enquête de voisinage. Avec un peu de chance, il aura peut-être quelque chose à se reprocher et j’en aurai eu le cœur net.