Qu’est-ce qu’on est serrées, au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines entre l’huile et les aromates…

Avec le confinement, certains doivent parfaitement comprendre ce que peuvent ressentir les sardines, serrées les unes contre les autres, dans leurs petites boîtes de conserves plates, baignant dans l’huile et les aromates. Aucun moyen d’avoir une espace à soi pas plus qu’une bulle dans laquelle se recentrer voire se concentrer. Aucun moyen non plus d’avoir un minimum d’intimité et chaque chose que fait une sardine est vue, entendue, ressentie par les autres. Alors, moi, je dis que franchement, ce ne sont pas des conditions très dignes pour être confinées, n’est-ce pas, mesdames (ou mesdemoiselles ?) les sardines ? J’ai vraiment une pensé pour vous, moi, depuis ma terrasse sur laquelle je suis seul depuis un moment, en plein air, sans vis-à-vis, sans voisin, sans bruit, sans rien.

Si nou té pren tan pou nou ekspliké, kolé séré nou té ké ka dansé, Mé si nous té pran tan pou nou té palé, kolé séré Kolé séré...

Une série complète de slows s’est pendue, totalement désespérés qu’ils étaient tous à force de voir qu’il ne leur était plus du tout possible d’être dansés en cette période de confinement, d’interdiction d’être l’un contre l’autre, de se serrer, de se frotter, de se faire des papouilles, de sentir le corps de l’autre contre le sien et de porter l’estocade : on va chez toi ou on va chez moi ? C’est une véritable hécatombe de slows. Ceux qui se sont pendus pensaient probablement que c’était définitivement terminé pour eux. Ils n’ont pas cru une seule seconde à un prochain déconfinement potentiel. Quelle tristesse, quand on pense à tous les couples qui se sont formés sur eux. Que va-t-il rester pour s’aimer sur une piste de danse si jamais les coronas et les autre virus continuent de nous envahir ?

Hia 3ayfa f rich w ena 3chaya hchich ou pois chiche / Hia 3ayfa f rich w ena 3chaya hchich ou pois chiche / Hia 3ayfa f rich w ena 3chaya hchich ou pois chiche…

Tiens, justement, à propos de pois chiches. Hier après-midi, j’en ai libéré tout plein d’une boîte de conserves 4/4. J’avais trop de peine pour eux, depuis le temps qu’ils y étaient confinés sans aucune ouverture possible, sans aucun moyen de respirer. Je les ai rincés à deux mains, dans une passoire et à un moment, je me suis retrouvé avec pas mal de petites de leurs peaux sur les mains. Et face à un tel résultat, je me voyais mal servir ma salade composée avec tous ces lambeaux de peaux. Alors, je les ai tous épluchés un par un mais j’ai totalement oublié de les compter (tant qu’à faire, j’aurais pu joindre l’utile à l’agréable) et à la fin, je me suis dit que pour leur déconfinement, ils avaient tous eu droit à des caresses de ma part et je pense qu’ils seront nettement plus digestes. Nous verrons bien.

Qu’est-ce qu’on est serrées, au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines entre l’huile et les aromates…