Depuis dimanche, nous sommes passés à l’heure d’été (j’aurais plutôt appelé ça « heure de confinement » mais j’ai promis de ne pas parler du coronamachin dans le billet d’aujourd’hui, alors, je m’abstiens, sinon, je vais passer pour le rigolo de service – pas toujours drôle mais bon…) et donc, quand je me lève et que je te bouscule, tu ne te réveilles pas, comme d’habitude sauf que là, il me fait attendre un peu plus longtemps pour voir que le jour ne fait pas la grasse matinée, lui.

Entre 6 heures 7 minutes et 6 heures 34 minutes, ce qui correspond environ à mon heure de lever, à quelques secondes près, depuis dimanche, il fait encore nuit, que le temps soit prévu d’être clair (comme hier matin et ce matin) ou sombre, triste et bas (comme lundi) et donc, j’ai l’impression d’être encore plus seul au monde qu’auparavant, qu’à l’époque bien lointaine, jadis et naguère, quand nous n’étions pas confinés (mais chut, j’ai dit que je n’en parlerai pas, ici, aujourd’hui !...)

Ça ne m’a pas empêché, hier matin, de me mettre en branle-bas de combat dès qu’il y a eu un peu de lumière naturelle. À 7 heures pile, je suis allé dans la cuisine et j’ai préparé un plat d’hiver avec des légumes frais et des pois secs. Et des saucisses de Montbéliard. À moi l’éminçage de céleri, de poireaux et de carottes que j’ai faits revenir dans un peu d’huile d’olive. Et quand j’ai ouvert la boîte de pois secs, je me suis rendu compte qu’ils étaient tous (ou presque) cassé. Ça m’a contrarié.

Compte-tenu des mesures de sécurité sanitaire contre ce que vous savez, faire les courses, de nos jours, c’est devenu une espèce de parcours du combattant et là, je n’allais pas retourner au magasin pour leur reprocher que tous mes pois étaient cassés. J’ai fait avec. Je les ai ajoutés aux légumes en train de revenir (d’où ?) et j’ai noyé le poisson en recouvrant le tout d’eau (ou en recouvrant d’eau le tout ?) et j’ai fait cuire jusqu’au moment où c’était temps pour les saucisses de prendre leur bain.

Alors moi, je dis qu’en ce moment, un peu dur, on est en droit d’avoir des produits entiers quand on va faire ses courses. Tout comme on est en droit de recevoir son courrier, les hebdomadaires auxquels on est abonnés et qu’on arrête de nous dire que la Poste s’est recentrée sur ses missions essentielles : ne plus rien distribuer pour ne pas mettre la santé des facteurs en danger. Mouais, c’est comme pour les pois : leur mission essentielle, ce n’était pas d’être cassés, à ce que je sache, si ?