Hier, j’ai fait preuve d’un état d’énervement qui a dû légèrement transpirer dans le billet que j’avais écrit. Aujourd’hui, je suis plus calme, nettement plus calme. Je suis d’un calme olympien. Je suis zen, je suis un jardin japonais. Et pourtant, ce ne sont pas les sujets fâcheux qui manquent, ils sont comme les feuilles mortes, à l’automne, ils se ramassent à la pelle. Quand je repense au préavis de grève de la CGT, je suis toujours autant sidéré et je me sens comme la Vénus de Milo : les bras m’en tombent. Tout ça parce que dans leurs revendications (que je juge particulièrement solipsistes), il y a celle de faire annuler la réforme des retraites. Comme si, en ces temps de grave crise sanitaire, c’était le moment de parler de ça. D’autant moins que toutes les réformes sont suspendues pour l’instant, le président Macron a été très clair là-dessus. Du moins, il me semble.

Je suppose que dans les revendications un peu fantaisistes (parce que je suis poli, aujourd’hui), il y a l’annulation de toutes les lois et de tous les décrets signés par ordonnances au début du confinement. Et forcément, comme ça n’a pas été négocié avec ces syndicons que nous n’avons pas élus (surtout moi) pour parler en notre (en mon) nom, ça va coincer car, qu’il y a-t-il de plus important que la crise sanitaire, actuellement ? Eh oui, c’est bien ça : le confort de ces gens qui ne pensent qu’à leur nombril tout en nous faisant croire qu’ils pensent à tout le monde et même aux autres. Et dans le comble des revendications stupéfiantes : le préavis de grève a été déposé pour critiquer la gestion de la crise et les pénuries de masques, de gels hydro-alcooliques et de toutes les autres protections. Comme si les syndicons en avaient besoin pour faire grève !

Et ce qui choque ces pisse-froids, c’est qu’il n’y a jamais eu pénurie d’armes anti-manifestants. Non mais vraiment, on marche sur la tête. Et ce n’est rien de le dire. Autant de mauvaise foi affichée me laisse sans voix. Mais pas sans colère. Et j’en viens à penser que si ça trouve… Non, quand même pas !... Et pourtant… Et si c’était la CGT qui avait inventé le coronavirus et qui l’avait propagé partout pour pouvoir obtenir ce qu’elle veut : l’annulation de la réforme des retraites et de toutes les lois qu’elle n’aime pas ? Non, ça ne peut pas exister, une telle démarche syndicale, hein, dites-moi que ça ne peut pas exister… Et si c’était surtout des syndicons qui s’étaient jetés sur les stocks de papier-toilette pour nous faire chier ? Ah là, oui, là, je veux bien y croire. Mais qu’on ne s’inquiète pas : je resterai calme, aujourd’hui. Je ne dirai pas de mal de ces gros enculés.