Je vous jure que c’est vrai. Enfin non, je ne vous jure pas que c’est vrai mais je vous jure que je l’ai lu sur un site qui s’appelle Nextdoor, un site qui est le réseau social des voisins. Et dans la partie bordelaise de cette espèce de groupe, l’autre jour, il y avait une annonce qui proposait de « se réunir le plus nombreux possible avec boissons et choses à grignoter, dans un lieu public, pour fêter l’arrivée du coronavirus ! » Oui, oui, vous avez bien lu, « pour fêter l’arrivée du coronavirus ! »

Je ne sais pas vous mais moi, ça me hérisse les poils et même et surtout ceux que je n’ai pas car je ne comprends pas une telle légèreté… non, une telle connerie. À ce niveau-là, la connerie pourrait être élevée au niveau d’un art majeur si ce n’était aussi pathétique ou pitoyable. Ou alors, c’est de l’humour mais comme certains allaient peut-être prendre ça au pied de la lettre, même si c’est de l’humour, à la base, ça reste aussi et surtout de la connerie avec un grand C (comme coronavirus.)

En tout cas, quelqu’un d’autre, membre à la fois du réseau social et du corps médical a rapidement réagi en disant que c’était très con et qu’il allait prévenir la police pour que le rassemblement n’ait pas lieu. Comment faire pour que tous les gens, hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres prennent conscience qu’on ne rigole pas avec le confinement, que si on nous l’impose, ce n’est pas pour nous emmerder mais bel et bien pour nous protéger, oui, pour nous protéger, tous.

Alors, quand un ami à moi me raconte qu’un ami à lui a suggéré de faire un barbecue entre potes, un de ces soirs, cette semaine, je le félicite d’avoir vivement et très mal réagi en disant à son propre conjoint que s’il y allait, il pouvait prendre sa valise et emporter des affaires de rechange car il ne remettrait pas les pieds chez eux de sitôt. Et il a derechef appelé l’organisateur de la soirée en question pour lui expliquer que le coronavirus s’attaquait aussi à nos amis et à nos proches.

Qu’on me dise que nous sommes un pays latin et que c’est difficile de nous discipliner, je veux bien mais il y a bien des moments, critiques, comme celui que nous vivons en ce moment, où il est important de respecter les règles et les consignes, il y va de notre survie à tous. Je n’ose imaginer ce qui se serait passé, pendant la seconde guerre mondiale, avec les réseaux sociaux et ceux, qui se croient plus intelligents que tout le monde et qui auraient fait n’importe quoi. Ça fait froid dans le dos.