Le problème quand on doit choisir des lunettes, c’est qu’on essaie des montures sans les verres qui nous permettront d’y voir bien clair mais que, comme on ne porte pas ses propres binocles et comme on est très mauvais juge pour soi-même, on ne sait jamais si ce que nous dit le vendeur « celle-ci vous va très bien, elle est très en harmonie avec l’ovale de votre visage et elle vous adoucit le regard…» Tu parles, Charles ! En réalité, les montures sont vertes et vous détestez portez du vert, ça ne vous va pas du tout au teint, en plus, vous avez le visage rond et vous aurez toujours le regard dur car vous avez des gros sourcils broussailleux et des yeux marron foncé. Mais comme elles sont plus chères que celles sur lesquelles vous aviez flashé après avoir passé vingt minutes devant les présentoirs…

Parce que, en plus, il y a tellement de paires, chez les opticiens (à sa mémère) que plus on en regarde, moins on en voit. Et moins on en voit, plus on en est saturé. Une overdose de montures qui, à la longue, se ressemblent toutes : soit trop petites, soit trop voyantes, soit trop grosses, soit trop basiques, soit trop pas assez… Et c’est ce qui m’attend dans les jours à venir vu (ahahah !) que je vais peut-être me faire faire une nouvelle deuxième paire car je n’en ai qu’une actuellement qui me sert au quotidien avec une correction qui me va bien et je pense qu’une seconde, en cas de besoin ou en cas d’envie (selon l’humeur des jours ou l’humour des heures), ne serait pas forcément un luxe au-delà de mes capacités financières du point de vue de ma mutuelle et de ma chère Sécurité Sociale. Ma vieille Sécu…

Et je m’attends à me prendre la tête. Et ça va aussi me la tourner car le temps que je passerai à essayer des montures qui m’iront peut-être très bien surtout avec l’ovale gracieux de mon visage, je ne porterai pas la paire de lunettes avec les verres qui me permettent d’y voir clair et donc, je ne saurai pas si de face ou de profil, ça me plaira une fois que je les récupèrerai mais qu’il sera trop tard pour dire : « finalement, je pense que je ne vais pas les prendre !... » Et pire, peut-être qu’autour de moi, mes proches, avec la délicatesse dont ils sont capables, me diront : « Elles sont bien, ce n’est pas le problème mais ce n’est pas cette monture que j’aurais choisie pour toi si j’avais été avec toi ! » « Pourquoi tu ne m’as pas accompagné, alors ? » Et moi, je me dirai alors que vivement la prochaine paire, dans deux ans.