Quand je vais aller en Allemagne, au mois d’avril, je sais déjà que je peux partir mais pas forcément revenir. Tout du moins, pour l’instant. J’ai déjà mes billets pour l’aller, avec les deux changements de train, le premier à Paris Montparnasse vers Paris Est et le second, un peu plus loin et un peu plus tard, la même journée, à Karlsruhe (comme ça se prononce ou, pour ceux qui ont plus de mal : kaʁlsˌʁuːə, ville du Bade-Wurtemberg, à quelques 22,5 kilomètres de Lauterbourg, dans le Bas Rhin, département 67, région Alsace) pour aller jusqu’à la gare de Mainz (Mayence, en français dans le texte) où Arnold devrait venir me chercher en bus. Non pas qu’il conduise des transports en commun mais c’est toujours plus simple qu’en voiture d’autant que Mainz-Wiesbaden, là où il habite, ça ne représente que 16,8 kilomètres mais comme il y a plus de trains pour Mayence que pour Wiesbaden…

En revanche, pour le retour, je ne peux pas effectuer tout à fait le même trajet même si c’est toujours au mois d’avril (je ne donne pas les dates précises ni les horaires de mes trains ni les numéros de wagons successifs car je préfère éviter les fans et les paparazzis, c’est plus agréable de voyager incognito pour quelqu’un comme moi), tant que je serai sur le territoire allemand, je n’aurai pas les mêmes correspondances : Mainz-Mannheim, dans un premier temps puis Mannheim-Paris Est et enfin, Paris Montparnasse-Bordeaux. Le problème c’est que pour ces six tronçons de voyage, je n’ai que 5 billets vu qu’il est encore impossible d’acheter celui pour faire Mainz-Mannheim. D’après ce qu’on m’a dit, ce serait parce que les billets ne sont pas encore en vente pour la date de mon retour. Mais alors, si je ne peux pas aller récupérer mon train à Mannheim, vais-je pouvoir vraiment revenir ?

La question reste posée. J’espère juste que ce n’est pas un problème de syndicats teutons. Ou un problème de vache germanique sur les voies. Ou encore un camion saxon qui serait arrêté sur un passage à niveau. Ou même un problème d’aiguillage fridolin. Pas plus qu’un défaut de signalisation germaine. Et j’espère que ce n’est pas non plus une crue du Rhin prussco-chleuh. Ce serait vraiment ballot tous ces déboires un peu plus de deux mois avant. Pardon ? J’ai donné beaucoup de synonymes pas très gentils au mot « allemand » ? Et alors ? C’est interdit ? Et encore, je n’ai pas parlé de boche. Mais j’aurais pu. Parce que je n’ai rien contre les allemands ni l’Allemagne. Quand on sait que ça m’a effleuré l’esprit d’aller y vivre, au début des années 80, alors on ne peut pas dire que je sois anti-fritz.