C’est pendant que j’étais en train de faire cuire des crêpes, chez le patron, que ma mère m’a appelé, hier. Je n’avais pas imaginé un seul instant qu’elle ait pu être surprise de la parution de mon billet d’hier, des confidences que je lui avais faites au vu et au su de tout le monde. Et encore une fois, j’avoue que je me suis pris à mon propre piège, en tentant simplement de faire de l’humour (sur moi, ça a parfaitement bien marché, c’est déjà ça !) mais je n’ai pas pensé un seul instant que ma mère aurait pu croire que j’avais réellement rencontré quelqu’un de la CGT au point de plaquer toute ma vie actuelle, construite depuis des années et des années puisque son début remonte au siècle dernier. Et alors que je voulais juste faire un billet ironique, je me rends compte que j’ai créé un peu de panique. Elle a même dû m’appeler en cachette de mon père pour ne pas qu’il s’inquiète…

Je vais donc battre ma coulpe et réciter trois pater et deux ave. Et prendre un suppositoire anti-canular pour ne plus être tenté de recommencer. Oh oui ! Un suppositoire, chouette ! Un suppositoire pour le suppôt de Satan que je suis capable d’être. Quel vilain fils je fais ! Surtout que ce n’est pas la première fois que je lui en fais voir de toutes les couleurs, j’ai déjà écrit des choses étranges (pour elle) et drôles (pour moi) comme quand je lui avais annoncé que je n’étais pas son fils. Ou comme quand je lui avais annoncé que j’avais une sœur qu’elle ne connaissait pas. Alors vous pensez bien qu’en disant que j’avais rencontré quelqu’un de la CGT, j’étais loin d’imaginer que ça pourrait la troubler. Surtout que je ne suis pas loin de la vérité en lui avouant celle-ci, hier vu que j’ai bien rencontré… non pas quelqu’un de la CGT mais carrément toute une manifestation de la CGT.

Oui, d’accord, j’arrête avec cet humour que personne ne partage avec moi et je vais revenir à des choses plus neutres, moins dans la provocation. Et je ne dirai plus de mal de la CGT. Vraiment, je le jure. Je ne dirai plus de mal de qui que ce soit à la CGT et pareil pour les grévistes et les intégristes du non à tout. Si, si, je le jure. Je ne dirai plus rien contre la CGT à partir de maintenant jusqu’à demain. Après, il ne me faut pas me demander l’impossible car je n’y suis pas tenu. Je n’ai aucune clause de réserve à respecter, moi. Bref, maman, excuse-moi pour le billet d’hier. On en a déjà parlé au téléphone, un peu rapidement, ça t’a rassurée. Pas moi mais moi, ce n’est pas grave. Que je sois rassuré ou non, ça n’a pas grande importance. Le principal, c’est que je me suis acheté deux paires de chaussures neuves en trois jours. Et ça, je te jure, maman, ce n’est pas un canular, c’est vrai.