Il n’y a pas que le ciel qui est par-dessus les toits, si bleu, si calme (pas toujours bleu et pas toujours calme), il y a toi, aussi mais toi, tu es bien au-dessus des toits. Tu es au-dessus de tout. Et même si je monte sur un grand escabeau à sept marches, je n’arrive pas à la bonne hauteur pour te voir. Et même si je monte sur l’échelle des valeurs, je suis encore trop petit. Et d’ailleurs, qui suis-je moi, si petit, si nerveux, pour prétendre t’aimer ? N’y a-t-il pas abus de bien affectif ? N’y a-t-il pas détournement de sentiments ? N’y a-t-il pas erreur sur ma personne ? J’aimerais tant qu’on me contredise. Sauf toi. Toi, je n’ai pas envie que tu me dises que rien de tout cela n’est vrai.

Il n’y a pas que le soleil qui est par-dessus les toits, si lumineux, si chaud (pas toujours très lumineux et pas toujours si chaud que ça), il y a toi, aussi car, comme on le dit dans la chanson « you are the sunshine of my life » et si j’ai bonne mine, en ce début d’hiver, c’est bien parce que je me bronze à l’amour que je ressens pour toi et à tes yeux de braise. Risqué-je de me brûler mes ailes et mes îles ? Et alors, si je dois mourir d’incandescence pour toi, si je dois me consumer  pour toi, ça restera une des plus belles morts qui soit. Comme une récompense pour avoir su t’aimer maintenant. Pour avoir su t’aimer autant. Pour avoir su t’aimer. Pour avoir su te rencontrer et ne pas passer à côté de toi.

Il n’y a pas que les oiseaux qui sont par-dessus les toits, si libres et si légers, (tous les volatiles ne sont pas libres et n’ont pas des allures de danseurs dans les airs), il y a cet amour qui me donne des ailes et qui peut-être, un jour, ou une nuit, près d’un lac, quand tout est endormi, me permettront de venir voler jusqu’à toi, alors en plein sommeil des justes. Et d’un froissement de plumes, je viendrai tout doucement me poser près de toi et je te regarderai dormir. Et d’un froissement d’ailes, je t’écrirai combien je t’aime et toi, au petit matin suivant, tu te diras : j’ai fait un rêve étrange mais agréable et tu te demanderas si tu ne reconnais pas la prochaine colombe que tu verras dans le ciel.