J’avoue que ça m’agace un peu (profondément) quand les journalistes, les syndicalistes et/ou les créateurs de publicités font de la récupération qui n’a rien d’écologique, en plus. Alors hier soir, après le journal télévisé de France 2, dans ce qui s’appelle « 20h30 le samedi », il y a eu un long reportage sur la mère Denis que seuls les plus de vingt ans peuvent encore connaître. Parmi eux, qui ne se souvient pas d’elle, des images d’elles en train de battre son linge au lavoir pour promouvoir une marque de lave-linge, tout d’abord et peut-être même de lave-vaisselle, ensuite, je ne suis pas très sûr de moi. Avec le temps, avec le temps, va, tout s’en va, même les plus chouettes souvenirs…

Alors, qu’on en parle aujourd’hui comme l’un des premiers grands buzz de la publicité, à une époque où le mot même de buzz n’existait pas, à une époque où même les crayons de couleurs étaient en noir et blanc, je veux bien. C’est vrai que la mère Denis et son célébrissime : « Ça, c’est ben vrrai, ça !... » a marqué au moins une génération complète de téléspectateurs et de consommateurs pour qui les machines à laver étaient un moyen de libérer la femme. Il y a eu des parodies, des chansons, des sketches autour de cette vieille femme dont j’ai appris hier soir qu’elle aurait été la petite-grand-mère des français, dans les années soixante-dix. Mouais, si ça leur fait plaisir de le penser…

Mais ce qui m’a le plus énervé, c’est cette réflexion stupide, cette récupération politicienne de ce personnage, par Jacques Séguéla dont on connaît bien les prises de parole à l’emporte-pièce : « Après 68, les Français hésitent entre le retour à la terre et le snobisme parisien. Et c’est parce qu’elle était la représentante de cette France d’en bas, des Gilets jaunes de l’époque, qu’elle a réussi comme ça. » Non mais franchement, vous y croyez, vous, au message revendicatif de la mère Denis ? Moi, je dis qu’il ne faut rien exagérer et que si elle avait été la première représentante des Blouses jaunes, ça se serait su. Monsieur Séguéla ferait mieux de chercher un nouveau slogan pour sa Rolex, tiens !...