Minuit quinze. Avant-hier soir, je me suis couché à minuit quinze. Exactement comme le premier janvier, il y a dix jours de cela. Alors qu’hier soir, ça n’avait pas du tout l’air d’un réveillon. Ou alors, un réveillon au rabais. Un réveillon diététique. Un réveillon pour Ehpad ? Avec le président, nous recevions un couple d’amis à lui, que j’avais déjà vus deux ou trois fois et si je les trouve à peu près sympathiques, je ne suis pas intime pour autant avec eux. Et comme je sais, de leur bouche et de celle du président, qu’ils font très attention à leur cholestérol, à leur ligne et au contenu de leur assiette, surtout le soir, j’avais un cahier des charges bien précis : faire léger, beau et bon.

J’ai relevé le défi et en plus, j’ai réalisé un dîner pas cher. Un dîner presque pas cher. Presque parfait. Mais sans pour autant mettre tous les sens en joie car de l’apéritif au dessert, il m’a manqué le petit plus qui fait que mes papilles auraient été à la fête. Cela dit, mon repas était tout à fait honorable et exactement dans les lignes de ce qui m’avait été autorisé de faire. Et nous avons pris l’apéritif à partie de 20h et nous avons commencé à dîner vers 21h30 pour terminer vers 23h. Mais comme il n’est jamais de bonne compagnie qui ne se quitte et comme ce sont toujours les meilleurs qui restent, la soirée a traîné jusqu’à 23h45 mais ceux qui restent, ça reste le président et moi, dont acte.

En gros, nous avons fait comme si c’était le 31 décembre sauf que c’était le 9 janvier. On ne gagne pas à tous les coups. Mais avoir réussi à leur faire plaisir avec des choses a priori pas très bandantes, j’avoue que ça me rend un peu fier. Imaginez donc, un consommé de légumes de saison dans lequel j’ai ajouté une boîte de sauce à l’armoricaine qui ne m’aurait jamais servi autrement et voilà comment on rend une soupe banale en soupe de presque fête. Dans les épinards qui accompagnaient les médaillons de cabillaud à la sauge, du parmesan râpé mais pas de crème. Ça n’avait rien de velouté mais ça donnait un petit goût. Et en cas de dentier, il n’y avait aucun risque.