Hier, j’ai fait, vécu, pratiqué un marathon de cinéma. C’était organisé par la ville de Bordeaux et plus on était capable de voir de films, plus on avait de chance de gagner un prix. Il suffisait d’assister à des séances consécutives uniquement espacées de moins de quinze minutes entre chacune d’entre elles. Et je m’étais inscrit en participant libre, amateur, non entraîné. Juste pour voir et pour savoir si j’étais capable d’assurer parce qu’on a beau dire, mais des heures assis dans une salle obscure, il y a toujours un moment où ça n’est plus très agréables pour les fesses.

J’ai commencé par voir un film qui se passe dans un phare, en 1890, en Nouvelle Angleterre, au Canada. Un film en noir et blanc, avec beaucoup de bruit appartenant à l’environnement d’un phare au milieu de l’eau, pas même implanté sur terre. The Lighthouse, c’en est le titre. Avec deux gardiens, un vétéran et un plus jeune, plein d’illusions et la folie va les gagner peu à peu et avec cette folie, une certaine violence dont je me serais passé mais ce n’est pas moi qui ai écrit le scénario. Sinon, je l’aurais fait d’au moins vingt minutes plus court.

Ensuite, j’ai vu un film avec Catherine Deneuve et quand je dis, avec Catherine Deneuve, non seulement elle jouait dedans mais en plus, elle était dans la salle. Et qui plus est, assiste juste à côté de moi. Ça s’appelle La vérité et elle en partage l’affiche avec Juliette Binoche, toujours juste. Il faut aimer Deneuve car elle est de presque tous les plans. Moi, j’avoue qu’elle m’a intimidé. Si proche de moi. J’aurais bien essayé de lui faire du pied, pour voir mais je suis un homme marié et elle est quand même un peu plus vieille que moi, par rapport à son image, bof, hein ?

Après, j’ai vu Les Filles du docteur March, Little Women, en version originale. Figurez-vous que si je savais que ce bon vieux docteur avait eu 4 filles et que j’en ai connu les prénoms, je n’en connaissais pas du tout l’histoire. Et j’avoue que j’ai bien aimé. Dans ma vie, il y a eu Emma Bovary et Scarlett O’Hara mais aujourd’hui, je peux ajouter Jo March, Joséphine, celle qui écrivait. Bon, en regardant ce film, j’avoue avoir eu peu les fesses ankylosées (mal au cul, quoi !) mais rien à voir avec l’intrigue. Et ces films en costumes, finalement, ça a du bon, de temps en temps.

Et mon après-midi n’était pas encore terminée car j’avais un quatrième film à voir avant de faire une pause et de prévoir d’en voir trois autres pour atteindre le chiffre 7. Pourquoi ? Comme ça. Et j’ai vu ce quatrième film et là, j’ai été happé par une histoire qui m’a tenu en haleine pendant que je mangeais discrètement des toasts briochés au foie gras (comme je n’avais pas fait griller les toasts, ça ne faisait pas de bruit) et en buvant un peu de champagne. Pardon ? Vous pensez que je n’ai pas vu quatre films ? Pourquoi ? Parce que je maîtrise L’art du mensonge ?