La première journée de 2020 ? Eh bien, on va pouvoir officiellement dire que ça, c’est fait. Elle est venue, elle s’est (bien ?) passée et elle a disparu et on peut désormais la classer dans les archives des (très) nombreuses journées terminées. D’ailleurs, je ne sais pas qui gère le local où on les entrepose, toutes ces journées d’avant, jusqu’à celle d’hier, comme chaque lendemain qui arrive mais je me dis que si ce n’est pas forcément un travail très compliqué, il a fallu prévoir un endroit suffisamment grand pour que tout puisse entrer dedans. Je n’ose imaginer comment c’est dans ce lieu que personne ne doit connaître. Enfin, pas le commun des mortels, je suppose. Y a-t-il même quelqu’un ou quelque chose qui en a la clé, qui en a la charge ? La question mérite d’être posée.

Ça fait partie de ces questions qu’on ne se pose pas forcément mais pour lesquelles, il serait bien de trouver une réponse ou des réponses. Tiens, par exemple, ça n’a rien à voir avec les journées passées, mais il paraît que pour les hamsters, manger du guacamole, c’est un poison mortel. Alors là, moi, je me demande la chose suivante : qui a eu l’idée de donner du guacamole à un hamster ? Oui, vous avez raison, peut-être n’importe qui, juste comme ça, pour le plaisir de partager un plat qu’on aime avec lui. Mais alors, comment en a-t-on déduit que c’était un poison mortel pour la pauvre bête ? Parce que la première fois, on a pu penser que c’était une coïncidence. Il aura fallu combien de hamsters morts de guacamole pour qu’on en arrive à comprendre que c’en était la cause ?

Moi, j’aime bien les années qui commencent avec des questions intelligentes. Je pense que ça présage d’une année qui ne pourra pas être autrement qu’intéressante. Ou alors, je n’y comprends plus rien. Et si je ne comprends plus rien à rien, c’est bien sûr parce que ça y est, comme j’ai passé la soixantaine, je suis « has been » et que désormais, je vais devoir tout subir : l’âge qui avance jusqu’à ce que quelqu’un dise « un, deux, trois, soleil ! » et au moment où il se retournera, je ne bougerai plus parce que je serai mort. Je devrai aussi subir le monde qui m’entoure, ce qui est déjà un peu le cas. Et je devrai subir l’absence des autres. Ma foi, si tout ça n’est pas très réjouissant, a priori, je me dis que tant pis, maintenant que j’ai commencé à jouer à ce jeu-là, je vais terminer la partie.