Madame Mymy, j’ai le regret de vous faire part de votre erreur de diagnostic. En effet, mon légiste m’a confirmé que je n’avais pas de crise de goutte mais probablement un problème de nerf coincé ou de muscle froissé. Il faut dire que certains de mes muscles sont plutôt susceptibles et il en faut peu pour qu’ils se froissent, qu’ils prennent la mouche et me le fassent payer. M’en fous. Parce que quand c’est comme ça, je ne vais plus à la salle de sport et là, en l’occurrence, je n’irai pas avant le début de l’année prochaine, sauf erreur ou omission de ma part, bien entendu. Parce que si j’ai mal aux pieds, je ne vois pas pourquoi j’irais accentuer ces douleurs en faisant des exercices de torture. Donc, je vais plutôt tenter une approche manuelle : un bon kiné ou un bon ostéo ? À suivre.

Madame Mymy, en plus, oui, en plus, vous, qu’en savez-vous de ce qui touche les hommes vieillissants ? Vous travaillez dans un Ehpad ? Vous vivez avec un riche nonagénaire ? Vous êtes bénévole chez Vieux sans Frontières ? Alors permettez-moi de juste vous dire que non, je ne suis pas un homme vieillissant ; que non, je ne suis pas atteint d’une crise de goutte et que non, je n’ai pas besoin qu’on se préoccupe de ma prostate, je sais très bien le faire moi-même. Cela dit, au vu de votre diagnostic erroné à distance, je vous condamne à la peine suivante : vous resterez toujours plus vieille que moi de près de cinq mois et ça, je suppose que c’est quelque chose qui doit être lourd à porter. À part ça, je ne suis pas rancunier surtout avec les gens que j’aime, vous avez de la chance.

Le troisième paragraphe de ce billet du 5 décembre ne sera ni plus ni moins qu’un préavis de grève. Je compte publier mon texte avant 5 heures du matin et à partir de cet heure précise, je ne publierai rien de plus jusqu’au lendemain, 6 décembre. Il n’y a pas de raison que tous ces imbéc… que tous ces créti… que tous ces bourr… que tous ces gens qui vont bloquer le pays aujourd’hui soient les seuls à manifester. J’ai décidé que moi aussi, j’allais me mettre à protester. Quelles sont mes revendications ? Ah bon, il faut en avoir plusieurs ? C’est idiot, je n’en ai qu’une : ma revendication, c’est qu’on me permette d’en avoir au point d’emmerder les autres tant qu’on n’y aura pas répondu tel que je l’entends. Ah ben non, il faut que ça reste subjectif, sinon, ça ne vaut pas. Et puis merde !