Dis-moi, on pourrait aller au cinéma, ce soir ? Ou demain ? Hé, je te parle ! Tu m’entends ? Hé, ho, ici la lune, allo, la terre ? Bon, manifestement, tu n’as pas envie de me répondre. Il doit y avoir un problème. Ça ne vient pas de moi, j’espère ? Parce que franchement, je ne vois pas ce que j’aurais pu dire ou faire qui aurait pu te déplaire. Je suis aux petits soins pour toi, je suis toujours là quand tu as besoin de moi et j’aurais du mal à faire plus. Oui, toi aussi, tu es toujours aux petits soins pour moi et même encore plus que moi pour toi mais quand même, tout va bien, on s’aime, on ne se chamaille quasiment jamais, alors, si tu boudes, c’est qu’il t’est arrivé quelque chose en dehors de nous et que tu ressasses. Tu sais que ce n’est pas bon que tu rumines comme ça... Ce n’est pas bon pour toi…

Ce n’est pas bon pour toi et ce n’est pas bon pour nous. Je te rappelle que nous sommes en couple et que si l’un des deux ne va pas bien, l’autre le sent et ne va pas bien non plus. Alors, ce que j’aimerais, là, tu vois, c’est que tu ne t’enfermes pas, encore une fois. Le repli sur soi, ce n’est jamais bon. Pour personne. Et pour toi encore moins que pour les autres. Parce que s’il doit y avoir quelqu’un de fort, c’est bien toi. Si tu ne joues pas le jeu, tu sais très bien où ça peut te mener. Et moi, je n’ai pas envie de te ramasser à la petite cuiller, comme il y a quelques mois. Je sais que tu avais des bonnes raisons mais quand même, heureusement que tu as fini par te ressaisir, sinon, on ne sait pas où tu serais, aujourd’hui. Je ne te fais pas un dessin, je pense que tu m’as parfaitement compris. Hein, oui ?

Comment ça je fais la gueule ? Je te fais la gueule, moi ? Je te fais la gueule moi ? Non mais pourquoi tu dis ça ? Je ne sais pas sur quoi tu t’appuies pour me dire ça… Première nouvelle, je te fais la gueule. Heureusement que tu me le dis, je ne le savais pas. Pardon ? Tu insistes ? Eh bien oui, si tu veux tout savoir, je te fais la gueule. J’en ai un peu marre de tout ça, là, entre nous. Je n’ai pas apprécié ton cancer. Que tu tombes malade, c’est ton droit, mais que tu fasses des rayons au moment où on devait partir en vacances, franchement, tu es d’un égoïsme ! Je te rappelle qu’on en rêvait de ce voyage en Islande, tous les deux et là qu’on en a gagné un, avec tes conneries de maladie, on n’a plus qu’à se le foutre au cul. Moi, je n’ai qu’une chose à te dire : bravo et merci.