Mon psychiatre m’a dit que j’étais trop intelligent. Alors, comme on peut être intelligent et dubitatif (rien à voir avec l’éjaculation précoce, je vous rassure), je me suis permis de mettre mon intelligence en fonction « marche » et j’ai réfléchi. Je me suis demandé si je pouvais croire un seul docteur, fût-il psy. Chiatre. Chologue. Ou même chothérapeute. Et je suis allé voir un proctologue et un gastro-entérologue pour qu’on vérifie ensemble si j’étais vraiment trop intelligent. Parce que parfois, l’intelligence, ça peut se situer ailleurs que dans la tête. Je me suis abstenu d’aller voir un urologue et un sexologue car ça ne m’est pas venu à l’esprit une seule seconde que mon intelligence pouvait être dans mon slip. Le gastro-entérologue m’a dit : « Ne vous faites pas de bile, on peut être trop intelligent et être heureux quand même. »

Quant au proctologue, je suis un peu plus sur la réserve. J’ai bien vu qu’il avait pris des gants pour me parler. « J’aimerais que mes conclusions puissent vous toucher et restent dans les annales. » Sauf que là, je n’ai pas compris s’il était sérieux ou s’il faisait de l’humour. Parce que l’humour, c’est comme l’amour, chacun met le curseur à un niveau qu’il est difficile de partager. Et il a poursuivi son examen et il m’a regardé droit dans les yeux avant de me  déclarer : « Mon petit doigt m’a dit que tout va bien de ce côté-là. » Ah, si c’est son petit doigt qui l’a dit, on ne peut que le croire. Je ne connais aucun petit doigt qui raconte des craques. Alors, je lui ai fait confiance, je l’ai cru. Et surtout, je n’avais pas envie de me faire ch… (Vous avez remarqué comme j’ai su rester délicat en ne prononçant pas le mot qui aurait pu fâcher… Parce que je sais bien me tenir.)

Que me restait-il comme spécialiste à aller consulter pour valider ou non le fait que j’étais bien trop intelligent ? J’ai pensé aller voir un kinésithérapeute car un bon massage, ça ne fait jamais de mal et même si ça n’apportait aucune réponse à mes questionnements, au moins, j’avais toutes les chances de me sentir plutôt bien. Et j’ai pris la décision d’entrer dans le premier cabinet médical venu, sur mon chemin. Surprise ! C’était une gynécologue-obstétricienne. Tant pis. « Vous savez que je ne reçois jamais d’homme, ici, monsieur ? » « Oui. Justement. » « Justement quoi ? » « Alors que tout le monde ne parle de que parité, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je ne vienne pas vous consulter. » Bof, hein ? Et finalement, j’ai trouvé, je suis allé voir celui qu’il me fallait : si je suis trop intelligent, il ne me reste plus qu’à faire du diabète !