Comme je l’ai déjà dit dans un précédent billet (voir le 12 novembre dernier – « c’est peut-être l’automne qui me rend comme je suis en ce moment »), en ce moment, j’ai envie de poésie. J’ai envie de lyrisme. J’ai envie que les violons giclent comme jamais. J’ai envie de chamades. J’ai envie d’étoiles dans tes yeux et de papillons dans mon ventre, comme disent les filles parce que les filles, c’est plus romantiques que les garçons, sauf certains que je connais – à moins que je ne me trompe mais je ne pense pas. J’ai envie de mots d’amour et j’ai envie d’attentes récompensées. J’ai envie de vers libres, de rimes riches, même de rimes pauvres et j’ai envie d’envolées littéraires à la hauteur de qu’un cœur prêt à tout peut ressentir. J’ai envie d’envies. J’ai envie d’hémistiches et de figures de style. Je crois à la musique des refrains.

J’aimerais tant pouvoir te susurrer des mots doux au creux de ton oreille. J’ai envie de calligrammes et de poèmes en prose. J’ai envie sons, d’assonances, de consonances, d’allitérations et j’ai envie d’une avalanche de symboles. J’ai envie de me promener avec toi au sein de jolies ballades. J’ai envie de vers et de vert. J’ai envie de haïku. J’aimerais pouvoir te serrer au creux d’un quatrain ou te couvrir d’alexandrins. Je serais capable d’écrire une idylle pour toi, rien que pour toi. J’ai envie de Prévert, de Rimbaud et de Marceline Desbordes-Valmore pour pouvoir t’offrir les Roses de Saadi. J’ai envie de vibrations et d’émotions fortes. J’ai envie de faire un tour dans les montagnes russes de l’amour : attente, retrouvailles, séparation, attente, retrouvailles… La tête à l’envers, le cœur à l’endroit et l’âme en peine et l’âme en joie.

Novembre est un mois riche en couleurs, en grisaille et en folies intérieures. J’ai envie d’une cabine fermée dans laquelle nous serions allongés et alors, je t’y réciterai des complaintes et je t’y chanterai des romances à l’eau de lilas, à l’eau de tulipes ou à l’eau des roses. J’ai envie de silences et j’ai envie de musique. J’ai envie qu’un violoncelle vienne me toucher au cœur, depuis un toit par-dessus lequel, un ciel… J’ai envie de violence et de douceur. J’ai envie de frénésies et de césures. J’ai envie de prendre mon temps pour penser à toi. J’ai envie que tu existes. J’ai besoin de prosodie. J’ai envie de rythme. J’ai besoin de galanterie. J’ai envie de madrigal. J’ai envie de te faire la cour et que tu me fasses le jardin ? J’ai envie qu’on poétise. J’ai envie qu’on se rencontre. J’ai envie qu’on se retrouve. J’ai envie de te dire que je… Que je…