Pour une fois, je crois que je vais vous confier un secret. Un vrai secret. Pas un secret de Polichinelle (ni dans le tiroir, ni ailleurs), non, un secret, un vrai de vrai. Je sais, je me répète mais ça fait partie de mon style d’écriture. Quand je veux insister sur un point précis, je n’ai pas d’autre choix qu’utiliser l’itération et même la réitération (double itération pour tout le monde, c’est moi qui régale !...) Mais attention, qu’on ne s’y méprenne pas, je donne facilement dans la répétition mais pas dans l’homéotéleute, non, quand même. Ni dans le psittacisme. Je ne suis pas fou. Pas encore. Il peut m’arriver de faire dans l’anaphore mais rarement dans l’antanaclase. Peut-être, si vraiment, vous insistez, suis-je capable de tautologie mais j’essaie de me corriger, je vous le jure. Et donc, je disais ?

Ah oui ! Je disais que j’avais un secret à vous confier. Alors, avant tout (vous me connaissez, vous savez que je vais toujours droit au but sans chercher à contourner quelque problème que ce soit !), je voudrais juste vous préciser que j’ai longuement hésité avant de me décider à vous faire la déclaration qui va suivre. Parce que ce n’est jamais facile de dire la vérité à quelqu’un, peu importe s’il est seul ou s’ils sont plusieurs. La vérité peut faire peur, la vérité peut faire mal et la vérité peut générer plein de dégâts collatéraux, c’est pourquoi, je vais exceptionnellement prendre des pincettes pour l’annonce officielle que je m’apprête à faire. Dans un premier temps, je voudrais juste vous dire que ça tombe bien que vous ne soyez pas si nombreux que ça, ça limitera les éventuels dommages.

Alors donc, je disais que j’avais longuement hésité car je ne savais pas comment vous alliez prendre la chose. Et vous avez remarqué ? Je ne suis pas arrivé en vous disant « Écoutez-moi, j’ai un truc à vous dire, je vous préviens, ça peut vous choquer si vous n’êtes pas au courant alors, le mieux, ce serait que tout le monde soit assis pour ne pas tomber à la renverse car ça va faire du bruit, le secret que je vais vous confier. » Ça y est, tout le monde est bien assis ? Tout le monde est prêt à entendre quelque chose d’éventuellement violent ? Bon… Alors, donc, il faut que je vous dise, et croyez-moi, ce n’est vraiment pas facile pour moi, mais il faut que je vous dise qu’aujourd’hui, eh bien, aujourd’hui, nous sommes jeudi. Je sais que certain(e)s d’entre vous ne le savaient pas. Pardon.