Allez donc savoir si c’est l’automne, cet automne gris et humide, qui me rend comme je suis en ce moment : j’ai des besoins d’envolées lyriques, j’ai besoin de giclées de violon et j’ai besoin de frémir comme quand on est amoureux. Il y a des états dans lesquels on se sent bien malgré tout. En ce moment, je compense toute cette pesanteur météorologique saisonnière par des mots d’amour, des envies de câlins et des tentations auxquelles succomber. J’ai également compensé la panne de chauffage chez moi par des besoins de tendresse à outrance. La tendresse sans laquelle on ne pourrait pas vivre, comme l’ont si bien chanté Bourvil et Marie Laforêt (hommage) en leur temps.

Peut-être aussi parce que ma vie actuelle est pleine de tourbillons comme ceux créés par toutes ces bourrasques de vents en rafales. Et en moi, ça ressemble à la chute des feuilles mortes, des feuilles couleur rouille mais à la différence que dans la vraie vie, chez moi, ça ne tombe pas au sol, non, ça remonte et ça renaît tel un phénix de ses cendres. N’y aurait-il pas comme une espèce d’emphase dans ma façon d’écrire. Et encore, je me retiens de varier mes plaisirs sinon, on en aurait tous une indigestion de tous mes élans. De toutes mes libertés. À se demander si j’aurais brisé des chaînes. Quelques chaînes qui devaient me retenir et emprisonner une partie de ma pudeur. De ma retenue.

Au point qu’il m’est même arrivé de buguer, hier. Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai eu envie de dire « je t’aime » mais je m’en suis abstenu. Enfin, j’espère. Parce que si ça n’est pas le cas, j’espère au moins que « je t’aime », s’il est sorti de ma bouche à mon corps défendant, j’espère qu’il ne sera pas tombé dans n’importe quelle oreille. Sinon, pouvez-vous seulement me dire comment je vais m’en sortir la tête haute ? Bon, nous verrons bien. Si ça se trouve, j’ai juste rêvé. Si ça se trouve, dans la vraie vie, il n’y a ni princesse, ni prince charmant. Ah bon ? Vous êtes sûrs ? Moi, là, je peux le dire, je crois que j’ai des doutes. Ou alors, c’est encore une fois mon imagination qui me joue des tours.