Mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là), mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là)…

Tu n’es pas là et il y a du soleil. Tu n’es pas là et il fait beau. J’espère que je n’aurai jamais à choisir entre toi, ta présence, les intempéries, les temps de cochon, les déluges et entre pas toi, ton absence, le ciel bleu et du soleil, du soleil, du soleil… Parce que si je dois attendre que tu partes pour pouvoir profiter d’un peu de chaleur, ça me semble incompatible avec le sens même de la vie. Et de mes envies. Sans oublier les tiennes. Alors, pour moi, l’idéal, ce serait que tu sois là et qu’il fasse beau. Et pas seulement dans mon cœur.

Mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là), mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là)…

Je t’imagine chez ton papa, dans ton lit, solitaire, loin d’ici. Je sais, ce n’est pas loin, en vérité, pas si loin que ça mais quand tu n’es pas là, tu es toujours à des millions de kilomètres de moi, dans un espace-temps qui ne me convient pas. C’est toujours comme ça, quand quelqu’un vous manque, tout vous semble dépeuplé. Mon cœur se désertifie. Imagine les parents séparés quand ils pensent à leur enfant chez leur ex-conjoint. C’est un peu ce que je ressens, là, aujourd’hui, alors que tu n’es pas là. Que tu n’es pas là. Tu n’es pas là. Pas là.

Mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là), mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là)…

Tu es je sais où mais même en le sachant, tu n’es pas là. Et quand tu n’es pas là, en novembre, même les fleurs de ma terrasse font grise mine. Elles s’ennuient de toi autant que moi. Nous nous ennuyons de toi. Il n’y a guère que les bulbes de tulipes que j’ai plantés cette semaine qui ne savent pas encore ce qu’est le manque de toi car ils ne te connaissent pas. Pas encore. Mais je sais qu’au printemps, après tes retours, ils auront grandi et seront fièrement dressés pour te faire honneur. Est-ce ainsi que les fleurs vivent ? Et les hommes aussi.

Mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là), mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là)…

Quand tu n’es pas là, même promener les chiens du patron me procure moins de plaisir. Parce que, en tes absences, je me morfonds et tes éclipses me rendent obsessionnel de toi. Je fais une fixation. Je ne devrais pas, j’ai passé l’âge, en théorie mais tant pis, je fais une fixation malgré tout. Parce que c’est comme ça, lalala lala… Je ne veux pas t’abandonner, mon bébé, je ne veux pas nous achever, tu sais, La lala lala lala lalala… Eh oui, c’est comme ça. Mais je suis un grand garçon, je vais attendre que tu reviennes. Je vais t’attendre.

Mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là), mais t'es pas là, mais t'es où? (pas là, pas là)…