Depuis hier, j’ai cherché partout, dans tous les coins, pour tenter de savoir où tu pouvais te nicher. Où tu pouvais te cacher. Où tu pouvais te planquer. J’ai parcouru toute la ville sous des pluies incessantes et j’ai pris l’eau de haut en bas et de bas en haut sans oublier la sueur qui, contre l’eau des déluges faisait un choc thermique et me rendait encore plus fou, encore plus désespéré, encore plus impatient de te retrouver, enfin. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse être aussi difficile de rattraper. Je te croyais là ou là mais tu n’y étais pas. Je t’ai cru loin, très loin, trop loin. Dans une disparition qui m’aurait été insupportable. Dans une absence que je n’aurais pas été prêt à subir. Je t’ai cru dans un évanouissement. Dans un escamotage. Dans un tour de prestidigitation. Un tour de mauvais goût.

J’ai cherché sur les quais de la Garonne pour voir si tu n’y étais pas en train de marcher, de déambuler, de prendre l’air pour m’oublier. J’ai cherché dans les musées de la ville pour voir si tu n’avais pas subi une transformation en œuvre d’art. J’ai cherché dans les bars et dans les cafés pour voir si tu ne tentais pas d’y noyer ton besoin d’être sans moi. Parce que j’ai imaginé que tu pouvais en avoir eu marre de ma présence, de mon envahissement, de mon côté morpion. Je sais que je peux être trop collant, que je peux être insupportable, que je peux être un escroc qui ne veut pas lâcher son magot. Qui ne veut pas lâcher son trésor. Et je me suis dit que je devais me tromper d’endroits, que je réfléchissais à l’envers, n’importe comment. Dans trop de tous les sens. Et je me suis posé un instant. Juste un instant.

En me posant, j’ai fait le point : surtout le point d’interrogation. Où pouvais-tu bien être ? Allais-je te revoir, un jour ? Aurais-je la chance de t’aimer encore un peu ? Encore et encore ? Et même encore un peu plus que ça ? Je suis revenu chez moi et j’ai regardé partout : dans tous les placards ; sur la terrasse, malgré les pluies diluviennes qui prenaient toute la place ; dans les toilettes au cas où tu y serais en train de lire ; dans le parking et même sous les draps. Nulle part, tu n’étais nulle part. Aucun ailleurs ne te cachait. Alors, j’ai commencé à me dire que tout était foutu et que tu aurais été une (très) belle parenthèse dans ma vie. Et j’ai eu un sursaut d’idée : soudain, j’ai pensé que je savais où tu pouvais être. Et je ne m’étais pas trompé. C’était tellement évident ! Tu étais tout simplement au fond de mon cœur.