Une des plus belles femmes du monde. Des yeux à vous faire tomber à la renverse. Une voix qui me charmait dans chaque chanson. Et une certaine folie qui, même si elle m’effrayait un peu, me plaisait malgré tout. Mon amour, mon amie… J’aurais tellement aimé pouvoir lui dire, si j’avais pu la rencontrer, à l’époque où elle était une femme publique mais moi, j’étais bien trop jeune et j’avais d’autres idoles qui occupaient mon quotidien, mais elle, elle, elle avait une place particulière dans mon cœur. Combien de fois suis-je allé sur la montagne avec elle ? Combien de fois ne m’a-t-elle pas donné chaud au point de crier « Que calor la vida » ?

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Viens, viens, aurais-je pu la prier pour qu’elle s’approche de moi et que je puisse lui témoigner de mon admiration. J’en ai parlé à tous mes amis : Anton, Ivan, Boris, Rebecca, Paula, Yohanna, Sacha, Sonia, David, Dimitri, Yani, Natacha et moi. Sans oublier mon cher Frantz. Et même en Angleterre quand il a neigé sur Yesterday, à Manchester et Liverpool. Et même à Maine-Montparnasse où nous aurions pu faire les vendanges de l’amour. Marie, vous avez bercé une partie de ma vie qui, si elle avait été un peu différente aurait pu me voir en train de vous écrire des lettres d’amour. Mais jamais je ne me serais permis la moindre audace avec vous.

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Je voudrais tant qu’elle comprenne que certaines amours ne peuvent être autrement que muettes. La tendresse que j’éprouvais pour elle ne m’aurait pas permis de lui passer la bague au doigt mais j’aurais pu la demander en mariage. En mariage d’amitié. Ay, vous me plaisez, Marie. Parle plus bas, m’aurait-elle répondu. Et en plein soleil, la fille aux yeux d’or qu’elle était a charmé tout le monde. Ah, dis-le, dis-le moi… Non, plutôt, ne me le dites pas, ne me dites rien. Ne me dites pas qu’elle vient de partir. Je sais bien qu’elle était déjà absente depuis un certain temps mais soudain, son départ va devenir une réalité, une triste réalité.