Quand nous nous voyons en cachette, je viens toujours me recueillir à l’autel de ton corps avant d’y déposer mes offrandes les plus… Mes offrandes les plus… Mes offrandes. J’aime ces rendez-vous à l’autel avec toi. Ce sont des instants privilégiés qui me sont devenus chers et quasiment indispensables même s’ils sont rares voire rarissimes. Mais c’est aussi bien comme ça. Sinon, ça serait vite une routine et je pense que nous sommes au-dessus de cela.

Quand nous nous voyons en cachette, je viens toujours avec des intentions pacifiques. Mais alors, pourquoi nous voir en cachette, alors ? Parce que ça donne du piment à notre vie. Du piquant à ce qui nous lie. À cet attachement étonnant, imprévu, inattendu. J’aime penser à tout ça parce que j’aime t’aimer, c’est aussi simple que cela. Rien ne me semble plus agréable à vivre quand c’est avec toi et quand c’est tout en douceur, tout en tendresse, tout en amour, c’est absolu.

Quand je pense à toi, parfois, souvent, en cachette, c’est parce que je suis un jardinier du secret dont j’aime cultiver les fleurs les plus sauvages et les plus extravagantes. Parce que j’aime être surpris moi-même de tous les sentiments dont je suis capable mais qui n’existent que parce que c’est toi. Sans toi, peut-être n’y aurait-il que du gazon bien propre dans mon cœur. Quelque chose de propre et de bien fait mais rien de plus. Rien de plus enthousiasmant. Rien de mieux. De meilleur.

Quand je rêve de toi, c’est forcément en cachette car tous mes rêves sont des rêves non accessibles aux autres. C’est comme un ciné-club seulement ouvert au seul membre qui le compose : moi. Parce que certaines choses, certaines personnes, certaines pensées, certaines actions, certains sentiments ne regardent personne d’autre que celui qui en est à l’origine et celui qui les vit. Et moi, le seul véritable patrimoine que j’ai, c’est toi. C’est mon histoire avec toi. Inconnue du Fisc.

Quand je suis en cachette, et j’y suis souvent, je me sens bien dans mon univers d’arcanes et de fantasmes. Je m’y sens bien car c’est mon seul refuge face au monde qui m’entoure et qui m’agresse, la plupart du temps. Avec toi, je me sens fort et protégé. Par toi, je suis invincible. Mais il y a une question que j’aimerais te poser, malgré tout, car elle me brûle les lèvres (qui préfèreraient t’embrasser) : existes-tu seulement, toi, amour mystérieux, que je pourrais aimer en cachette.